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	<title>Roselyne MOSSAND  Psychothérapeute Lyon &#187; enfant</title>
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		<title>Donald Winnicott : « La famille suffisamment bonne »</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Feb 2013 20:07:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La bonté de la famille sous la loupe de Winnicott La famille suffisamment bonne Résumé : La structure familiale est le système privilégié dans l&#8217;organisation psychique. La thèse d&#8217;une famille suffisamment bonne comme garant du développement psychique introduit un paradoxe &#8230; <a href="https://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/donald-winnicott-la-famille-suffisamment-bonne.html">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La bonté de la famille sous la loupe de Winnicott</strong><br />
<img alt="winnicottfamille.1276187016.jpg" src="http://colblog.blog.lemonde.fr/files/2010/06/winnicottfamille.1276187016.jpg" /><br />
<strong>La famille suffisamment bonne<br />
</strong></p>
<p>Résumé : La structure familiale est le système privilégié dans l&rsquo;organisation psychique. La thèse d&rsquo;une famille suffisamment bonne comme garant du développement psychique introduit un paradoxe dont témoigne la clinique : la famille suffisamment bonne ou pas assez, est le substrat du pathos.<br />
Francisco RENGIFO (nonfiction.fr)</p>
<p>Dans La famille suffisamment bonne, ouvrage jusqu&rsquo;à présent inédit en français, Donald W. Winnicott recueille les textes fondamentaux de dix années de conférences qui, dans un langage simple et adressé à un public large, témoignent de l&rsquo;importance de la famille dans la constitution psychique de l&rsquo;enfant. Au-delà du simple apprentissage, l&rsquo;enfant est confronté au monde des affects de l&rsquo;adulte, monde à travers lequel ce petit homme ou cette petite femme en devenir va construire son propre univers à lui. Ce premier groupe naturel qui caractérise la famille nucléaire se constitue en porte d&rsquo;entrée vers le développement de l&rsquo;enfant en tant que sujet, faisant de la structure familiale le système privilégié dans l&rsquo;organisation psychique.<br />
Dix ans de recherche et d’écriture ont été nécessaires à Donald Winnicott pour qu’enfin le matériel de ce temps de travail soit recueilli sous son titre original anglais The Family and Individual Development. Publié pour la première fois en 1965, cet ouvrage constitue un ensemble de conférences prononcées dans des institutions et des universités, dont le public était majoritairement composé d’intervenants assistant des enfants: psychologues, médecins pédiatres, et surtout assistants sociaux.<br />
Il est possible de constater, parmi l’ensemble des conférences, l&rsquo;importance octroyée par Donald Winnicott à la famille, dans le processus de développement de l&rsquo;enfant. La famille est sans doute le noyau à partir duquel la structure de la personnalité d&rsquo;un individu prend forme. C&rsquo;est par les soins maternels, première ébauche des rapports de l&rsquo;enfant à la mère, que se constitue un prototype fondamental de relation instaurant les éléments décisifs, et les aspects déterminants dont vont dépendre le destin de l&rsquo;individu. Paraphrasant le titre proposé par l&rsquo;auteur de cette brillante traduction du texte de Winnicott, nous pourrions dire effectivement, que pour pénétrer dans les méandres de cette relation de l&rsquo;enfant à la famille, Winnicott introduit une question préliminaire : La famille est-elle suffisamment bonne pour garantir un destin psychique favorable à l&rsquo;enfant ?</p>
<p>A l&rsquo;origine c&rsquo;est la mère&#8230;<br />
Les fonctions de la mère suffisamment bonne</p>
<p>Dans un première point d&rsquo;ancrage du lien entre l&rsquo;enfant et la mère, il s&rsquo;opère, selon Donald Winnicott, un processus d&rsquo;identification qui va à double sens : l&rsquo;identification de la mère à son bébé, et un état d&rsquo;identification originaire de l&rsquo;enfant à sa mère.<br />
Dans le fantasme inconscient de la mère, il y a un trait prédominant qui se supporte d&rsquo;un désir de &laquo;&nbsp;drainer de l&rsquo;intérêt de son propre self au profit du bébé&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est ce que Winnicott appelle &laquo;&nbsp;la préoccupation maternelle primaire&nbsp;&raquo; (p. 10).<br />
C&rsquo;est dans cette préoccupation maternelle primaire de la mère, que celle-ci peut répondre aux besoins de l&rsquo;enfant de manière efficace.<br />
Deux problèmes peuvent apparaître dans la mise en fonctionnement de cette relation originaire, et qui selon Winnicott peuvent mettre en péril le processus de développement de l&rsquo;enfant.</p>
<p>D’une part, le narcissisme maternel trop centré sur sa personne et ses intérêts, au point de négliger complètement son propre enfant, et d’autre part, son état opposé, à savoir : la compulsion maternelle à être absorbée totalement par l&rsquo;enfant jusqu&rsquo;à faire de ses demandes et besoins une préoccupation pathologique.<br />
En effet, les problèmes évoqués par Winnicott rejoignent les troubles mentaux dits puerpéraux, qui souvent se constituent en véritables cadres cliniques nécessitant des soins pour empêcher leur évolution.<br />
Selon Winnicott, le stade d&rsquo;identification de l&rsquo;enfant à sa mère apparaît dès la première période de vie jusqu&rsquo;à l&rsquo;âge de 6 mois. Cette première période de vie nécessite une mère suffisamment bonne pour que le processus de développement de l&rsquo;enfant s&rsquo;opère dans des conditions favorables :<br />
&laquo;&nbsp;Si le maternage n&rsquo;est pas suffisamment bon, le nourrisson se résume à une série de réactions à des empiétements et le vrai self de l&rsquo;enfant échoue à se former, ou se dissimule derrière un faux self compliant qui tend surtout à se protéger des coups que le monde frappe à sa porte&nbsp;&raquo; (p. 13).</p>
<p>Une mère suffisamment bonne garantira la solidité du moi de l&rsquo;enfant ; un moi donc fortifié par le soutien du moi de la mère. C&rsquo;est en ce sens que ce processus d&rsquo;identification inaugurale entre l&rsquo;enfant et la mère est décisif quant à la constitution psychique et le développement de l&rsquo;enfant.<br />
A ce stade du processus, le self de l&rsquo;enfant n&rsquo;est pas encore formé, mais les avatars de cette identification définiront en grande partie le destin psychique du petit homme en devenir.<br />
Ainsi, Winnicott attribue trois fonctions majeures à la mère suffisamment bonne :<br />
Le holding (maintien), en rapport avec la capacité de la mère à s&rsquo;identifier à son bébé, c&rsquo;est-à-dire la capacité de la mère à offrir à l&rsquo;enfant des soins basiques afin de le soutenir dans son état de dépendance. Un holding défaillant a pour conséquence des états de détresse assez connus dans la clinique des petits enfants et qui peuvent témoigner des états proches de la psychose.<br />
Le handling (maniement), qui se constitue pour Winnicott en facilitateur d&rsquo;un partenariat psychosomatique chez l&rsquo;enfant, donnant à l&rsquo;enfant la possibilité de se reconnaître comme étant un corps séparé de sa mère, et lui donnant la possibilité de reconnaître la réalité de son propre corps. Cette reconnaissance de son corps plongera l&rsquo;enfant dans une curiosité de par le fonctionnement de celui-ci, permettant de développer le mouvement, la coordination et le tonus musculaire.<br />
Et en troisième lieu, il y a ce que Winnicott appelle la présentation de l&rsquo;objet ou réalisation, qui est la possibilité, qui s’offre à l&rsquo;enfant, d&rsquo;établir un lien pulsionnel avec les objets. Une défaillance sur la manière dont les objets se présentent dans l&rsquo;univers pulsionnel de l&rsquo;enfant l’empêche de se reconnaître comme réel et comme étant différencié des objets qui l’entourent.<br />
En résumé, ces trois fonctions de la mère, dans le premier stade de développement de l&rsquo;enfant, constituent l&rsquo;environnement facilitateur pour le processus de maturation.<br />
Mais parallèlement à la présence d&rsquo;une mère suffisamment bonne, la clinique montre les effets des possibles défaillances au sein d&rsquo;une famille, qui en général n&rsquo;est pas toujours assez bonne, ou en tout cas pas assez, aux vues des idéaux winnicottiens de la bonté&#8230;</p>
<p>La place de l&rsquo;enfant dans le fantasme parental</p>
<p>Nous ne comprendrons jamais assez les enjeux des relations qui se tissent à l&rsquo;intérieur de la famille et ses effets sur l&rsquo;enfant, si l&rsquo;on ne tient pas compte de la place que l&rsquo;enfant occupe dans le fantasme de la mère aussi bien que de celui du père. En effet, la place en question va définir, de manière radicale, le destin psychique de l&rsquo;enfant. Il ne suffit pas de supposer qu&rsquo;un enfant est très aimé ou pas assez, pour en déduire les particularités de l&rsquo;héritage symbolique qui lui viennent de ses parents et des contenus qui se transmettent de génération en génération. L&rsquo;histoire de la famille va bien au-delà des affects ! Celle-ci s&rsquo;inscrit dans un mode de transmission assez particulière, car un père ou une mère ont été également les enfants de leurs parents. L&rsquo;acte de transmission en question introduit chez le nouveau-né tout le bagage qui traverse les générations.<br />
Cet héritage inscrit donc des facteurs favorables à l&rsquo;intégration de l&rsquo;enfant, mais aussi des facteurs qui peuvent apparaître comme des éléments perturbateurs à cette intégration, le fantasme parental étant toujours le support de ceux-ci.<br />
Pour Winnicott, un enfant qui se développe d&rsquo;une manière convenable apporte un certain équilibre à la vie familiale et garantit également une forme d&rsquo;assurance au couple parental.<br />
Selon Winnicott, une bonne tendance à l&rsquo;intégration nécessite le concours des parents, et c&rsquo;est ce qui constitue la force de la famille, c&rsquo;est-à-dire, ce quelque chose qui s&rsquo;inscrit dans un &laquo;&nbsp;environnement suffisamment bon&nbsp;&raquo; (p. 52).<br />
Quelles sont donc les tensions qui, émanant de la famille, peuvent soit garantir le bon développement de l&rsquo;enfant, soit le perturber ?</p>
<p>La dépression parentale</p>
<p>Dans la conférence donnée en octobre 1958, à l&rsquo;occasion du &laquo;&nbsp;Family Service Units Caseworker&rsquo;s Study Weekend&nbsp;&raquo;, Winnicott examine de manière assez minutieuse les effets des troubles dépressifs chez l&rsquo;un des membres du couple parental ou chez les deux. Pour cela, Winnicott introduit une distinction préliminaire très importante au niveau de la pathologie dépressive en elle-même, car de toute évidence, le trouble dépressif n&rsquo;est pas le même lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une psychose ou d&rsquo;une névrose : &laquo;&nbsp;Le trouble psychonévrotique chez le père ou la mère présente une complication pour l&rsquo;enfant qui grandit, mais la psychose chez un parent expose l&rsquo;enfant à des menaces plus subtiles pour un développement sain&nbsp;&raquo; (p. 56).<br />
La question de la dépression peut donc s&rsquo;inscrire dans le cadre d&rsquo;une maladie psychiatrique très grave comme c&rsquo;est le cas de la mélancolie où le sujet porte sur ses épaules tous les malheurs du monde, en étant lui même directement le responsable, et dont il trouve difficilement l&rsquo;issue. Il peut s’agir également du phénomène presque universel chez les personnes qui jouissent d&rsquo;une bonne santé mentale et qui dévoilent un état de paroxysme des petites misères humaines : la dépression névrotique. Bref, pour le destin psychique d&rsquo;un enfant en développement, avoir une mère ou un père mélancolique n’est pas du tout la même chose que d&rsquo;avoir un parent névrosé traversant une crise dépressive, aussi si longue soit-elle.<br />
Quoi qu&rsquo;il en soit, il apparaît comme une évidence, pour Winnicott, que la famille se voit confrontée à un danger potentiel lorsque le père ou la mère est déprimé.<br />
Mais la dépression reste tout de même un affect qui témoigne des composants agressifs, destructeurs et culpabilisants de la nature humaine. Lorsque la dépression ne se situe pas dans le contexte d&rsquo;une symptomatologie psychotique, elle peut se constituer en une mise à plat des affects pour une ultérieure mise en tension pulsionnelle avec la possibilité d&rsquo;une relance de l&rsquo;activité constructive du sujet. Pour Winnicott, la dépression est &laquo;&nbsp;une preuve de croissance et de santé dans le développement émotionnel de l&rsquo;individu&nbsp;&raquo; (p. 72).</p>
<p>Le concept de maturité chez Winnicott et son corrélat dans la famille suffisamment bonne</p>
<p>Le concept de maturité est sans doute l&rsquo;argument essentiel utilisé par Winnicott dans la compréhension du rôle de la famille dans l&rsquo;établissement de la santé psychique d&rsquo;un individu. C&rsquo;est bien cette perspective qui introduit la question sur les difficultés possibles qu’affronte un individu pour atteindre une maturité émotionnelle en dehors du cadre familial.<br />
Le point de vue de Winnicott suppose que le développement de chaque individu commence par une dépendance absolue et que, progressivement, à mesure même de sa maturité psychique, il gagne en autonomie. En somme, ce qui est important, c&rsquo;est de savoir si l&rsquo;environnement familial s&rsquo;adapte bien aux besoins de l&rsquo;individu, à chaque moment particulier de son développement.<br />
Ces moments de développement, qui s&rsquo;opèrent dans une progression régulière, fonctionnent comme des formes de révolte vis-à-vis de la dépendance initiale.<br />
La maturité est donc, pour Winnicott, synonyme de bonne santé : &laquo;&nbsp;si l&rsquo;on accepte l&rsquo;idée que la santé est une question de maturité au bon âge, l&rsquo;individu ne peut atteindre la maturité émotionnelle que dans un cadre où la famille a fourni le pont conduisant du soin parental (ou du soin maternel) jusqu&rsquo;au support social&nbsp;&raquo; (p.99).<br />
Ce parcours certes rapide et insuffisant de cet ouvrage de Winnicott, jusqu&rsquo;aujourd&rsquo;hui inédit en français, introduit une problématique qui semble être en relation avec quelque chose qui est de l&rsquo;ordre d&rsquo;une interrogation morale et un questionnement autour des bonnes moeurs de la famille.<br />
Le fait que la famille nécessite d&rsquo;être &laquo;&nbsp;suffisamment bonne&nbsp;&raquo; introduit un critère de valeur quant à la &laquo;&nbsp;vertu&nbsp;&raquo; de la famille en question. Rappelons que la bonté est une vertu qui appartient au domaine de la morale.<br />
Pour amener ce petit contre-argument jusqu&rsquo;à ses derniers retranchements, nous pourrions conclure en posant la question suivante : une famille suffisamment bonne existe-t-elle ?.</p>
<p>Dr Christian Colbeaux, psychiatre, psychanalyste à Lille, chef de service du CSAPA du centre hospitalier de Douai</p>
<p>rédacteur : Francisco RENGIFO, Critique à nonfiction.fr<br />
Titre du livre : La famille suffisamment bonne<br />
Auteur : Donald Winnicott<br />
Éditeur : Payot<br />
Titre original : The Family and Individual Development<br />
Date de publication : 13/01/10</p>
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		<title>Périnatalité : l&#8217;impact de la dépression</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Jan 2013 15:18:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anxiété]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans les familles en situation précaire, une intervention psychosociale autour de la naissance est efficace pour prévenir les troubles de comportement du jeune enfant&#160;&#187;, indique Antoine Guedeney, professeur de pédopsychiatrie à l&#8217;hôpital Bichat. C&#8217;est ce que révèlent les premiers résultats &#8230; <a href="https://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/perinatalite-limpact-de-la-depression.html">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Dans les familles en situation précaire, une intervention psychosociale autour de la naissance est efficace pour prévenir les troubles de comportement du jeune enfant&nbsp;&raquo;, indique Antoine Guedeney, professeur de pédopsychiatrie à l&rsquo;hôpital Bichat. C&rsquo;est ce que révèlent les premiers résultats de l&rsquo;étude Capdep, présentés le 5 octobre lors du congrès &laquo;&nbsp;Agir ensemble en périnatalité&nbsp;&raquo;. Organisé par la société Marcé avec le soutien de l&rsquo;Inserm, ce congrès réunissait plus de 750 participants (psychiatres, psychologues, sages-femmes&#8230;) de 40 pays.</p>
<p>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est en 1945 qu&rsquo;a été mise en place la Protection maternelle et infantile (PMI) sur tout le territoire&nbsp;&raquo;, rappelle Antoine Guedeney. Dans ce cadre, 20 % des familles &#8211; celles qui le demandent ou présentent des facteurs de risque &#8211; bénéficient aujourd&rsquo;hui de visites d&rsquo;infirmières à domicile durant la période périnatale. Mais ce système ne suffit pas pour les familles en grande difficulté : foyers très isolés, mères très jeunes, à faible niveau d&rsquo;éducation, qui élèvent seules leur enfant, sont exposées à un stress, ont un faible niveau total d&rsquo;études et/ou des revenus très faibles. A ces familles, la PMI ne peut proposer qu&rsquo;une à trois visites en moyenne.</p>
<p>Les enjeux d&rsquo;une prévention précoce renforcée ? La santé de la mère, mais aussi celle de l&rsquo;enfant et du futur adolescent. De nombreux travaux l&rsquo;ont montré : l&rsquo;exposition à un stress maternel avant ou après la naissance est associée à une augmentation chez l&rsquo;enfant du risque de divers troubles, notamment cognitifs ou comportementaux.<br />
Même après la naissance, un stress maternel peut être néfaste. Par exemple, les enfants dont la mère souffre de dépression six semaines après l&rsquo;accouchement ont des scores cognitifs plus faibles à 2 ans, surtout lorsque cette dépression maternelle se prolonge ou rechute.</p>
<p>C&rsquo;est ce qu&rsquo;ont montré les résultats de l&rsquo;étude Matquid, publiés en 2011 dans European Psychiatry par l&rsquo;équipe d&rsquo;Anne-Laure Sutter-Dallay (Inserm, pôle universitaire de psychiatrie adulte à Bordeaux).</p>
<p>Quelles stratégies de prévention mettre en place ? Vivette Glover, de l&rsquo;Imperial College à Londres, plaide pour un dépistage renforcé des troubles anxio-dépressifs maternels autour de la grossesse. Et pour leur prise en charge par des thérapies psychocognitives adaptées : &laquo;&nbsp;dans les cas très sévères durant la grossesse, un traitement médicamenteux est inévitable à l&rsquo;aide de molécules dont l&rsquo;innocuité sur le foetus est établie.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Une innocuité dont il faut effectivement bien s&rsquo;assurer : publiée le 8 octobre dans les PNAS, une étude américaine montre comment la dépression maternelle durant la grossesse peut affecter le développement du langage des enfants à l&rsquo;âge de 6 et 10 mois. Mais une prise en charge de la future mère par des antidépresseurs (des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine) a d&rsquo;autres répercussions sur l&rsquo;apprentissage du langage du bébé&#8230;</p>
<p>Dans l&rsquo;étude Capdep, l&rsquo;équipe d&rsquo;Antoine Guedeney a exploré l&rsquo;intérêt d&rsquo;une intervention psychosociale précoce auprès de 415 familles de la région parisienne en grande précarité. L&rsquo;âge moyen des mères était de 22,3 ans, 82 % avaient un faible niveau d&rsquo;éducation, 52 % étaient nées hors de France, 48 % étaient en dessous du seuil de pauvreté.</p>
<p>Ces familles ont été réparties par tirage au sort en deux groupes : l&rsquo;un bénéficiant d&rsquo;un suivi comme d&rsquo;habitude par la PMI, avec en plus pour l&rsquo;autre des visites à domicile répétées par de jeunes psychologues, débutant entre le troisième trimestre de grossesse et jusqu&rsquo;aux 2 ans de l&rsquo;enfant. Les interventions consistaient à faire connaître aux jeunes mères les aides dont elles pouvaient disposer et à les encourager à &laquo;&nbsp;prendre des choses en main&nbsp;&raquo;&#8230; Mais surtout, à les informer sur le développement de leur enfant et à les aider à exprimer leurs sentiments vis-à-vis du bébé et de leurs relations proches.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Sur le taux de dépression postnatale des mères, les résultats ont été relativement décevants, bien que positifs&nbsp;&raquo;, admet Antoine Guedeney. Ils ont été bien meilleurs sur le comportement d&rsquo;attachement des enfants à l&rsquo;âge de 18 mois. &laquo;&nbsp;Même si elles restaient déprimées, les jeunes mères ont modifié leur comportement de façon à procurer à leur bébé un attachement plus sécurisant.&nbsp;&raquo; Selon le pédopsychiatre, une telle prévention serait pérennisable à un coût raisonnable, en concertation avec la PMI et les dispositifs de santé mentale du jeune enfant.</p>
<p>LE MONDE le <time itemprop="dateModified" datetime="2012-10-18T14:34:25+02:00">18.10.2012 </time>Par Florence Rosier</p>
<p>L&rsquo;anxiété traverse le placenta</p>
<p>De 1990 à aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;équipe de Vivette Glover (Imperial College, Londres) a suivi 7 363 enfants dans la région de Bristol. <i>&laquo;&nbsp;Un niveau élevé d&rsquo;anxiété ou de dépression maternelle, à la 18<sup>e</sup>et à la 32<sup>e</sup> semaine de grossesse, double le risque de troubles affectifs et comportementaux chez l&rsquo;enfant de 13 ans&nbsp;&raquo;</i>, annonce la psycho-biologiste. Confirmant les observations réalisées aux âges de 4, 7 et 11 ans, ce résultat a été présenté au congrès Marcé. <i>&laquo;&nbsp;Si la plupart des enfants nés de mères stressées durant la grossesse n&rsquo;ont pas de problèmes, 12 % présentent de tels troubles, contre 6 % seulement dans la population générale&nbsp;&raquo;</i>, précise Vivette Glover. Quels peuvent être les mécanismes en cause ? <i>&laquo;&nbsp;Le placenta laisse passer des quantités accrues de cortisol [l'hormone du stress] quand la mère est stressée. Et le niveau de cortisol dans le liquide amniotique apparaît associé à un taux plus élevé de troubles ultérieurs chez l&rsquo;enfant&nbsp;&raquo;</i>, indique la chercheuse. Elle évoque aussi des processus de modifications chimiques de l&rsquo;ADN, ou mécanismes &laquo;&nbsp;épigénomiques&nbsp;&raquo; &#8211; très en vogue dans le milieu scientifique.</p>
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		<title>La guerre des psys autour de l&#8217;homoparentalité</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Jan 2013 13:17:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[enfant]]></category>
		<category><![CDATA[homoparentalité]]></category>
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		<description><![CDATA[Les psys se sont retrouvés un peu pris au piège par cette manie de concevoir les questions de société en termes de &#171;&#160;pour ou contre&#160;&#187;. Or, une des forces des psychanalystes, c&#8217;est d&#8217;avoir une position de retrait par rapport à &#8230; <a href="https://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/les-psychanalystes-doivent-ecouter-leurs-patients-et-non-dire-la-norme.html">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Les psys se sont retrouvés un peu pris au piège par cette manie de concevoir les questions de société en termes de &laquo;&nbsp;pour ou contre&nbsp;&raquo;. Or, une des forces des psychanalystes, c&rsquo;est d&rsquo;avoir une position de retrait par rapport à l&rsquo;alternative du &laquo;&nbsp;pour ou contre&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Quand on écoute ce que nous dit un patient, on n&rsquo;est pas pour ou contre, mais dans une neutralité par rapport au contenu de ce qu&rsquo;il peut dire. On peut entendre des choses très choquantes, des propos racistes, sexistes ou des fantasmes d&rsquo;une grande violence&#8230; On n&rsquo;est pas là pour dire &laquo;&nbsp;Ce n&rsquo;est pas bien&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;C&rsquo;est bien&nbsp;&raquo;.</p>
<p>C&rsquo;est la spécificité de notre métier : ne pas être dans une norme. Les psys ont été attirés comme des aimants vers ce qu&rsquo;ils considéraient être de leur ressort, à la fois le bien-être des enfants et la structure de la famille, et la manière dont cette structure mettait en place l&rsquo;univers psychique et de l&rsquo;enfant. Mais du coup, cela a créé un discours normatif et paternaliste.</p>
<p><b>La psychanalyse et l&rsquo;homosexualité</b> ? L&rsquo;homosexualité était considérée comme une perversion par Freud, dans un sens plus médical bien sûr que la perversion comme on peut l&rsquo;entendre aujourd&rsquo;hui quand on dit d&rsquo;un individu : &laquo;&nbsp;C&rsquo;est un pervers.&nbsp;&raquo; Mais c&rsquo;est quand même pour lui une déviance, au sens étymologique du terme, c&rsquo;est-à-dire que la sexualité &laquo;&nbsp;normale&nbsp;&raquo; &#8211; parce que, pour Freud, il y a une sexualité normale &#8211; est déviée de son objet et se dirige vers le même sexe, à savoir un autre objet que l&rsquo;objet &laquo;&nbsp;normal&nbsp;&raquo;, qui devrait être la personne du sexe opposé. Pour Freud, l&rsquo;homosexualité est une déviance d&rsquo;un développement normal.</p>
<p><b>Est-ce, est une forme de pathologie ?</b> Freud considère que l&rsquo;homosexualité crée des personnalités plus infantiles ou plus narcissiques. Et il faut rappeler que jusqu&rsquo;au début des années 1980 &#8211; même si ce n&rsquo;était pas dit comme tel &#8211; on n&rsquo;était pas analyste si on était homosexuel. On cachait son homosexualité si on voulait devenir analyste, parce qu&rsquo;on considérait qu&rsquo;un analyste homosexuel ne pourrait pas bien analyser le transfert. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;incriminer Freud, qui a été un génial explorateur de l&rsquo;âme humaine. Mais ce n&rsquo;est pas pour ça que tout ce qu&rsquo;il a dit est génial.</p>
<p>Il y a un corpus freudien très intéressant pour les psychanalystes, qui peuvent s&rsquo;en servir comme d&rsquo;une référence, mais certainement pas comme des Tables de la loi. Avec Freud, on a la mise en place d&rsquo;un corpus clinique encore utile. Mais certains psychanalystes peinent à faire entrer la nouvelle famille dans le corpus freudien (sur la parenté ou le complexe d&rsquo;Œdipe, notamment). Ils en concluent qu&rsquo;il faut stopper le changement familial et sociétal. Mais ils oublient que Freud a commencé en observant ce qu&rsquo;il y avait autour de lui, en laissant le jugement moral de côté.</p>
<p><b>Mais certains psychanalystes disent que l&rsquo;homoparentalité effacerait l&rsquo;altérité, ferait disparaître le rôle du père et de la mère et porterait atteinte à l&rsquo;équilibre psychique des enfants. Ces arguments sont-ils recevables ?</b> C&rsquo;est vrai que la question de la différence est fondamentale pour le développement du psychisme de l&rsquo;enfant. Dans la psychanalyse, cette différence se fait sur celle des sexes et des générations. La différence des générations existe dans l&rsquo;homoparentalité : ce ne sont pas des gens de 5 ans qui vont adopter des gens de 4 ans, ce sont des adultes qui adoptent des enfants. Il est évident qu&rsquo;un homme et une femme sont différents. Mais Freud a aussi beaucoup parlé de la bisexualité psychique &#8211; chaque être est masculin et féminin &#8211; en expliquant qu&rsquo;il y avait une différence entre le masculin et le féminin biologiques, extérieurs, et le masculin et le féminin psychiques, qui sont d&rsquo;un autre ordre.</p>
<p>On réduit le complexe d&rsquo;Œdipe à une réalité extérieure et sociale : un homme, une femme, papa, maman&#8230; Or, souvent, les pères qui sont fantasmés ne sont pas les pères de la réalité biologique. Donc, quand on dit qu&rsquo;il faut avoir un père et une mère pour faire un Œdipe, je pense que cela ne correspond pas à la réalité et que, par ailleurs, ce n&rsquo;est pas du bon freudisme.</p>
<p><b>Il pourrait donc y avoir des &laquo;&nbsp;pères&nbsp;&raquo; et des &laquo;&nbsp;mères&nbsp;&raquo; au sein des couples de même sexe ?</b> Dans un couple où il y a deux hommes, je pense qu&rsquo;il y a en effet un des deux qui peut représenter une part féminine, mais que la féminité et la masculinité ne se retrouvent pas forcément dans la femme biologique et l&rsquo;homme biologique. Donc deux hommes peuvent apporter à un enfant cette variation-là. Ce n&rsquo;est pas parce que ce sont deux hommes que toute différence s&rsquo;efface. On ne peut pas tout relier au genre. Dans les couples d&rsquo;homosexuelles, il y a aussi un partage des tâches : ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;on est deux hommes ou deux femmes que l&rsquo;on est identique et en miroir. Même si c&rsquo;est une vision caricaturale des genres, on voit bien, par exemple, que l&rsquo;une va s&rsquo;occuper de descendre la poubelle pendant que l&rsquo;autre va faire la vaisselle ! Le principe de différenciation qui structure un enfant peut se mettre en place sans reposer sur la différence des sexes de ses parents.</p>
<p><b>L&rsquo;homoparentalité peut-elle troubler le développement psychique de l&rsquo;enfant ?</b> Par définition, nous voyons plutôt des enfants en difficulté, qu&rsquo;ils soient filles ou fils d&rsquo;hétérosexuels ou d&rsquo;homosexuels. Je n&rsquo;ai pas vu pour l&rsquo;instant de pathologie spécifique à des enfants d&rsquo;homosexuels. Mais je pense que je ne suis pas plus habilitée que mes collègues à en faire une règle générale pour l&rsquo;instant. Et je défie quiconque de le faire. Oui, nous vivons un vrai changement anthropologique, qui s&rsquo;inscrit dans la continuité de la construction de l&rsquo;individu contemporain, qui peut décider de tout pour lui-même, y compris de sa sexualité.</p>
<p>Je pense donc que l&rsquo;argument qui consiste à dire &laquo;&nbsp;Mais ces enfants vont être traumatisés parce qu&rsquo;ils vont être au ban de la société quand ils seront à l&rsquo;école&nbsp;&raquo; est peu recevable, parce qu&rsquo;il y a un changement de mentalité de la société à l&rsquo;égard de l&rsquo;homosexualité. Et les psychanalystes n&rsquo;ont pas d&rsquo;autre rôle que de l&rsquo;accompagner.</p>
<p>Caroline Thompson, psychanalyste et thérapeute familiale, service de psychiatrie de l&rsquo;enfant et de l&rsquo;adolescent de la Pitié-Salpêtrière</p>
<p>Site <a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/11/08/les-psychanalystes-doivent-ecouter-leurs-patients-et-non-dire-la-norme_1787904_3232.html" target="_blank">Le Monde</a>  08.11.2012 Propos recueillis par Nicolas Truong</p>
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		<title>La correspondance Sigmund Freud et sa fille Anna 1904-1938</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Jan 2013 10:01:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au début, il s&#8217;inquiète de sa santé à elle : &#171;&#160;A ton âge, il faut encore prendre du poids sans avoir peur de devenir trop grosse.&#160;&#187; A la fin, il la rassure sur sa santé à lui : &#171;&#160;J&#8217;ai incroyablement &#8230; <a href="https://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/sigmund_freud_anna_communication_psychotherapie.html">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/sigmund_freud_anna_comm_psychotherapie.html/sigmund_freud_anna_freud_correspondance" rel="attachment wp-att-13"><img class="alignnone size-full wp-image-13" alt="Sigmund_Freud_Anna_Freud_Correspondance" src="http://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/wp-content/uploads/2013/01/Sigmund_Freud_Anna_Freud_Correspondance.jpg" width="300" height="300" /></a></p>
<p>Au début, il s&rsquo;inquiète de sa santé à elle : &laquo;&nbsp;A ton âge, il faut encore prendre du poids sans avoir peur de devenir trop grosse.&nbsp;&raquo; A la fin, il la rassure sur sa santé à lui : &laquo;&nbsp;J&rsquo;ai incroyablement bien supporté la canicule, peut-être grâce à la nitroglycérine que j&rsquo;avais prise à titre préventif.&nbsp;&raquo; Trente-quatre années séparent les deux lettres. Anna a 8 ans quand elle reçoit la première, Sigmund en a 82 quand il écrit la seconde. Tout père, dans de pareilles situations, pourrait dire les mêmes mots à sa fille.</p>
<p>Sous n&rsquo;importe quelle autre plume, de telles phrases susciteraient au pire l&rsquo;indifférence, au mieux l&rsquo;attendrissement. Rédigées par Freud et destinées à sa fille cadette, elles prennent forcément un autre relief. D&rsquo;abord parce qu&rsquo;on n&rsquo;écrit pas impunément à son enfant quand on est le théoricien des névroses familiales. Ensuite parce qu&rsquo;on le fait d&rsquo;autant moins innocemment quand l&rsquo;enfant en question devient votre propre patient, comme le fut Anna de 1918 à 1920 puis de 1922 à 1924. Enfin, parce qu&rsquo;on ne s&rsquo;adresse pas à lui comme à ses autres rejetons quand, au fil des années, celui-ci s&rsquo;impose comme une figure à part entière d&rsquo;une discipline que l&rsquo;on a inventée. Ce qui fut le cas d&rsquo;Anna, restée dans l&rsquo;histoire de la psychanalyse comme l&rsquo;une des deux grandes pionnières &#8211; avec sa rivale Melanie Klein &#8211; en matière de thérapie des enfants.</p>
<p>Pour ces trois raisons, la publication des lettres que se sont échangées Sigmund et Anna Freud entre 1904 et 1938 était très attendue &#8211; quand bien même ces 298 lettres représentent une masse assez peu considérable si on la rapporte aux quelque 20 000 courriers que Freud a écrits durant sa vie. Cette attente est aujourd&rsquo;hui comblée, grâce à un volume impressionnant par l&rsquo;érudition de son apparat critique.</p>
<p>LES SOUBRESAUTS DU MONDE</p>
<p>Comme toutes les grandes correspondances, celle-ci réussit ce tour de force d&rsquo;avoir été écrite pour un seul destinataire mais de s&rsquo;adresser à de multiples lecteurs. Le passionné d&rsquo;histoire, la grande, y trouvera d&rsquo;abord son compte. Car plus d&rsquo;une fois les soubresauts du monde s&rsquo;invitent dans ces missives. Par exemple quand la fille fait état du climat déjà délétère qui règne dans l&rsquo;Allemagne de Weimar, à l&rsquo;occasion d&rsquo;un voyage en train : &laquo;&nbsp;Le seul problème, ce sont les voyageurs ; je ne sais pas si ce sont vraiment tous des antisémites, mais en tout cas ils en ont l&rsquo;air. Et j&rsquo;ai peine à imaginer un pays où, face aux gens, on aurait plus l&rsquo;impression d&rsquo;être parmi les étrangers&nbsp;&raquo;, écrit ainsi Anna, le 13 juillet 1922.</p>
<p>L&rsquo;amateur de plus petites histoires, lui aussi, tournera avidement les pages. Car entre le père et la fille, c&rsquo;est au fond toute la vie quotidienne d&rsquo;une famille de l&rsquo;intelligentsia bourgeoise du début du XXe siècle qui se raconte. Avec sa géographie, constituée d&rsquo;épicentres successifs, Vienne et Londres, et de villégiatures apprivoisées, tels Göttingen et Karlsbad. Avec ses événements de tous les jours, un cadeau d&rsquo;anniversaire à trouver, un mariage à préparer, un hôtel à réserver, un déménagement à organiser, un livre à éditer, une traduction à superviser. Avec, aussi, ces obsessions propres à chaque famille, en l&rsquo;occurrence les statuettes de collection et les chows-chows à poil rouge, qui, chez les Freud, occupaient une place singulière.</p>
<p>Et puis il y a ces histoires encore plus anodines, mais qui, sous la plume des Freud, le sont évidemment beaucoup moins. Quand la fille, par exemple, confie à son père : &laquo;&nbsp;J&rsquo;ai récemment rêvé que tu étais un roi, et moi une princesse, et qu&rsquo;on voulait nous dresser l&rsquo;un contre l&rsquo;autre par des intrigues politiques&nbsp;&raquo; (6 août 1915). Quand le père s&rsquo;inquiète de la cour que fait à sa fille son disciple Ernest Jones : &laquo;&nbsp;Il n&rsquo;est pas l&rsquo;homme qu&rsquo;il faut pour une créature féminine de nature raffinée&nbsp;&raquo; (16 juillet 1914). Ou quand les deux se demandent s&rsquo;il faut &laquo;&nbsp;électriser&nbsp;&raquo; le jeune Heinz, petit-fils de Sigmund et neveu d&rsquo;Anna, pour qu&rsquo;il cesse de faire pipi au lit.</p>
<p>Restent les non-dits. Ce que le père et la fille n&rsquo;évoquent pas l&rsquo;un avec l&rsquo;autre, préférant en parler à des tiers. On pense à ce &laquo;&nbsp;rêve diurne où apparaissait un personnage féminin&nbsp;&raquo;, une &laquo;&nbsp;histoire d&rsquo;amour&nbsp;&raquo; que la fille voulait raconter par écrit mais que &laquo;&nbsp;papa &nbsp;&raquo; lui a conseillé de &laquo;&nbsp;laisser tomber&nbsp;&raquo;, comme elle le confia à Lou Andreas-Salomé. On pense aussi à cette confidence du père à la même amie de la famille, où se dit toute l&rsquo;ambivalence de la relation à sa fille, alors âgée de 26 ans : &laquo;&nbsp;Il y a longtemps que je la plains d&rsquo;être encore chez ses vieux. (&#8230;) Mais si elle devait vraiment s&rsquo;en aller, je me sentirais aussi appauvri que je le suis en ce moment.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Tu as exactement l&rsquo;âge de la psychanalyse&nbsp;&raquo;, écrivait Sigmund à Anna le 6 décembre 1920, en faisant référence à l&rsquo;année 1895, où naquirent à la fois sa fille cadette et la discipline qui le rendit célèbre. Ces 298 lettres sont à lire à cette aune : le récit, dans sa dimension la plus intime, d&rsquo;une des plus extraordinaires aventures intellectuelles du XXe siècle. Correspondance 1904-1938, d&rsquo;Anna et Sigmund Freud, édition établie et postfacée par Ingeborg Meyer-Palmedo, traduit de l&rsquo;allemand par Olivier Mannoni, préface d&rsquo;Elisabeth Roudinesco, Fayard, 666 p</p>
<p>Site <a lang="" title="(Nouvelle fenêtre)" href="http://www.lemonde.fr/livres/article/2012/11/02/freud-pere-missives_1784313_3260.html" target="_blank" hreflang="">Le Monde</a> – Article paru dans l’édition du 02.11.12 Par Thomas Wieder</p>
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		<title>La correspondance entre Sigmund Freud et sa fille Anna Freud</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Jan 2013 15:46:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Marié en 1886 avec Martha Bernays, Sigmund Freud a six enfants, nés entre 1887 et 1895. La correspondance avec ses cinq premiers, Mathilde, Martin, Oliver, Ernst et Sophie, est publiée chez Aubier. Celle avec Anna, sa cadette, chez Fayard. Elisabeth &#8230; <a href="https://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/sigmund_freud_anna_comm_psychotherapie.html">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/wp-content/uploads/2013/01/Sigmund_Freud_Anna_Freud_Correspondance.jpg"><img class="size-medium wp-image-13 alignnone" alt="Sigmund_Freud_Anna_Freud_Correspondance" src="http://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/wp-content/uploads/2013/01/Sigmund_Freud_Anna_Freud_Correspondance-300x300.jpg" width="300" height="300" /></a><img alt="" src="http://www.assoc-amazon.fr/e/ir?t=colblog-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=2213662290" width="1" height="1" border="0" /></p>
<p>Marié en 1886 avec Martha Bernays, Sigmund Freud a six enfants, nés entre 1887 et 1895. La correspondance avec ses cinq premiers, Mathilde, Martin, Oliver, Ernst et Sophie, est publiée chez Aubier. Celle avec Anna, sa cadette, chez Fayard. Elisabeth Roudinesco, historienne de la psychanalyse, collaboratrice du Monde des livres, en assure la préface. Entretien.</p>
<p>C&rsquo;est un Freud très investi dans les affaires familiales qui se révèle dans ces deux correspondances. Il maintient les liens, aide financièrement ses enfants et leur témoigne de la tendresse. Que représente pour lui la famille ?</p>
<p>La famille a une importance capitale dans la vie de Freud et dans sa doctrine. La psychanalyse est née de la transformation du statut de la famille en Europe, marquée par l&rsquo;abaissement de la toute-puissance des pères, par la montée du féminisme et par l&rsquo;importance des droits de l&rsquo;enfant. Freud s&rsquo;occupe de jeunes femmes hystériques en rébellion contre des frustrations sexuelles. Il s&rsquo;intéresse comme tous les savants de son époque à la sexualité infantile.</p>
<p>Il vit à Vienne au sein d&rsquo;une famille élargie avec ses six enfants, élevés par sa femme, sa belle-soeur, une gouvernante et une cuisinière. Mais son autorité n&rsquo;est pas celle d&rsquo;un patriarche tyrannique. Il est favorable au travail des femmes, à la contraception et au libre choix par les enfants de leur destin amoureux et professionnel. Sa correspondance nous renseigne donc sur la vie quotidienne d&rsquo;une famille de la Belle Epoque en pleine mutation. On y retrouve l&rsquo;atmosphère des romans de Thomas Mann ou de Proust. Chaque enfant est différent mais tous se sentent écrasés, non pas par un excès d&rsquo;autoritarisme paternel, mais d&rsquo;avoir un père qui est un grand penseur, attaqué bien qu&rsquo;ayant acquis une renommée mondiale. Enfin, Freud est aussi un « père fondateur » entouré de disciples et de patients.</p>
<p>Les lettres qu&rsquo;il échange avec ses enfants (outre Anna) laissent-elles apparaître le psychanalyste sous le père ?</p>
<p>Mais oui. Les enfants de Freud sont immergés dans l&rsquo;histoire des débuts du mouvement psychanalytique, où l&rsquo;on voue une véritable passion à l&rsquo;exploration de soi : les disciples de Freud forment une famille et ses patients sont intégrés à cette histoire. Tout est mélangé, d&rsquo;autant qu&rsquo;à cette époque les premiers psychanalystes s&rsquo;analysent entre eux et analysent leurs enfants, leurs amis, les enfants de leurs amis. Les fils de Freud, Martin, Oliver et Ernst ne choisissent pas de devenir analystes mais ils sont présents dans cette saga. Parmi les trois filles, seule Anna, la dernière et la moins désirée, deviendra une vraie disciple de son père après avoir été analysée par lui entre 1918 et 1922.</p>
<p>Que Freud ait voulu garder sa fille auprès de lui, c&rsquo;est évident mais c&rsquo;était aussi ce qu&rsquo;elle voulait. Quand Freud a compris qu&rsquo;elle avait des tendances homosexuelles, il a accepté qu&rsquo;elle élève les enfants de sa compagne Dorothy Burlingham. Les deux femmes ont vécu ensemble à Vienne dans le même immeuble que Freud. Anna avait en analyse les enfants de Dorothy et Dorothy était en cure chez Freud. Ce serait un anachronisme que d&rsquo;en être scandalisé. Et c&rsquo;est le tort du mouvement psychanalytique d&rsquo;avoir voulu trop longtemps dissimuler cette réalité. Toute cette histoire est passionnante, elle n&rsquo;est ni rose ni noire, c&rsquo;est une tranche de vie, avec, au milieu, le désastre de la première guerre mondiale qui change le destin de la psychanalyse en Europe. Avec, aussi, le pire pour horizon : le nazisme qui conduira la famille Freud à un exil sans retour vers le monde anglophone.</p>
<p>Vous terminez votre préface en faisant allusion aux tragiques grecs et aux drames de Shakespeare. Pourquoi ?</p>
<p>Freud, juif viennois de culture allemande, juif déjudaïsé, a eu le coup de génie de transposer dans la famille bourgeoise et dans l&rsquo;histoire agonisante de l&rsquo;Empire austro-hongrois la saga des dynasties royales de l&rsquo;Antiquité et du théâtre shakespearien. Il a ainsi pensé la question de la famille, non pas comme un petit drame de la névrose, mais comme une tragédie : Œdipe, c&rsquo;est la tragédie du destin (l&rsquo;inconscient, la démesure) ; Hamlet, celle du désir et de la conscience coupable. Ensuite, ses disciples ont transformé cette affaire en une psychologie « familialiste » et lui aussi a contribué en partie à cette psychologisation. Mais la véritable révolution freudienne, c&rsquo;est l&rsquo;inscription de la subjectivité humaine dans un univers tragique qui est aussi celui du XXe siècle, tragique par excellence : deux guerres mondiales parmi les plus meurtrières. Freud est un penseur de ce tragique-là, celui de la possible destruction du « geno s » (genre) humain.</p>
<p>Où en est la traduction des correspondances de Freud ?</p>
<p>Il reste encore à traduire deux correspondances familiales : celle avec Minna Bernays, sa belle-soeur, déjà parue en allemand, et celle, volumineuse, avec sa fiancée et future épouse, Martha Bernays. 1 500 lettres sont en cours de publication en allemand en cinq volumes dont un seul est paru. Et aussi la correspondance avec Otto Rank. Freud a écrit environ 20 000 lettres dont 10 000 ont été conservées. La plupart des « grandes correspondance » intellectuelles ont été traduites.</p>
<p>Site <a href="http://www.lemonde.fr/livres/article/2012/11/02/elisabeth-roudinesco-freud-pense-la-famille-comme-une-tragedie_1784314_3260.html" target="_blank">Le Monde</a> &#8211; Article paru dans l&rsquo;édition du 02.11.12</p>
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		<title>Sigmund Freud &#171;&#160;Lettres à ses enfants&#160;&#187;, père prodigue et grand-père poule</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Dec 2012 20:55:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans les lettres qu&#8217;il adresse à ses enfants (et petits-enfants), Freud donne l&#8217;image d&#8217;un patriarche attentif et aimant On soupçonne souvent les monstres sacrés d&#8217;avoir été de mauvais pères, comme si l&#8217;affection naturelle qui porte le parent vers l&#8217;enfant devait &#8230; <a href="https://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/bonjour-tout-le-monde.html">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/bonjour-tout-le-monde.html/sigmund_freud_lettres_a_ses_enfants" rel="attachment wp-att-5"><img class="alignnone size-medium wp-image-5" alt="Sigmund_Freud_Lettres_a_ses_enfants" src="http://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/wp-content/uploads/2012/12/Sigmund_Freud_Lettres_a_ses_enfants-300x300.jpg" width="300" height="300" /></a></p>
<p>Dans les lettres qu&rsquo;il adresse à ses enfants (et petits-enfants), Freud donne l&rsquo;image d&rsquo;un patriarche attentif et aimant<br />
On soupçonne souvent les monstres sacrés d&rsquo;avoir été de mauvais pères, comme si l&rsquo;affection naturelle qui porte le parent vers l&rsquo;enfant devait pâtir de l&rsquo;engendrement d&rsquo;une oeuvre. La paternité de Freud fut au contraire l&rsquo;exemple d&rsquo;une conciliation possible entre une vie intellectuelle créative et un attachement fidèle à sa nombreuse progéniture.</p>
<p>De sa femme, Martha, épousée en 1886, Freud eut six enfants, Mathilde, Martin, Oliver, Ernst, Sophie et Anna, autant de prénoms choisis en hommage à des personnes chères (pour les filles) ou à des savants admirés (pour les garçons). Si la correspondance de Freud avec sa fille cadette Anna est réunie dans un volume séparé &#8211; ce que justifie autant le nombre des lettres que la place particulière que cette enfant occupa dans sa vie -, les cinq autres se lisent comme un agréable ensemble d&rsquo;où transpire la bienveillance d&rsquo;un père pour sa descendance. Laquelle, il est vrai, devait connaître un destin tourmenté ; la plupart des enfants de Freud furent affectés par les vicissitudes de l&rsquo;histoire du XXe siècle débutant &#8211; première guerre mondiale, crise de 1929 ou encore prise du pouvoir par Hitler, puis annexion de l&rsquo;Autriche. La lignée eut aussi à déplorer la perte à l&rsquo;âge adulte de l&rsquo;une des siens, la jolie Sophie ; Freud écrit alors qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de pire « monstruosité que des enfants doivent mourir avant les parents ».</p>
<p>C&rsquo;est l&rsquo;une des choses qui frappent le plus, à la lecture de ces missives généralement assez courtes et immanquablement signées « Papa » : la préoccupation constante de Freud pour la santé des siens. S&rsquo;il n&rsquo;a rien pu faire pour Sophie, emportée par la grippe de Hambourg et probablement affaiblie par les restrictions d&rsquo;après-guerre ni pour le deuxième fils de celle-ci, dont la mort en 1923 l&rsquo;accable (« jours les plus noirs de ma vie »), ses lettres enjoignent aux uns et aux autres de se reposer et de préserver leur constitution.</p>
<p>Prodigalité</p>
<p>A son fils Ernst, installé comme architecte à Berlin, il adresse une « exhortation pressante à passer cet hiver à Davos ». En cela, Freud use de l&rsquo;autorité que lui confère son statut de père et dont il ne semble pas avoir douté un seul instant. Autre objet sur lequel Freud se montre inflexible : l&rsquo;argent. Toute sa vie il a subvenu aux besoins de ses enfants sans imaginer qu&rsquo;il puisse en être autrement. « Pour moi, avoue-t-il à Sophie en 1917, c&rsquo;est en ce moment le seul plaisir sans mélange que de pouvoir donner de l&rsquo;argent à vous, mes enfants, ou à maman ou à tante ; c&rsquo;est cela seul qui me rend le travail supportable. » Cette prodigalité se traduit dans les correspondances par une large place laissée aux échanges d&rsquo;argent, comptes ou autres ordres de virement. En 1923, il fait cette remarque à sa belle-fille Lucie, qui sonne si familière, une crise ressemblant fort à une autre : « La conséquence du fait que les jeunes ont aujourd&rsquo;hui tant de mal à arriver à quelque chose est que les vieux doivent tirer d&rsquo;eux-mêmes jusqu&rsquo;à la dernière goutte de leur capacité à produire. »</p>
<p>Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs souvent que pour regretter le manque de temps qu&rsquo;il lui laisse que Freud évoque son travail. Non sans humour, parfois : accaparé par des patients anglo-américains, six heures par jour, il bougonne « contre cette satanée nation [qui] n&rsquo;ouvre pas sa gueule quand elle parle ».</p>
<p>Le psychanalyste, homme de l&rsquo;écoute, prête l&rsquo;oreille aux difficultés des uns et des autres, soutenant ici un gendre affecté par une névrose de guerre, éclairant avec franchise Ernestine, la femme de Martin, sur les vraies défaillances de son couple, ou prodiguant là des conseils quand sa fille Sophie lui rapporte les comportements de ses deux garçons, dont l&rsquo;un n&rsquo;est autre que le fameux petit joueur à la bobine de fil, cas relaté dans Au delà du principe de plaisir. Objet de la même sollicitude, la seconde génération reçoit de « grand-papa » des envois de timbres et des souhaits d&rsquo;anniversaire. Faisant part de sa hâte de découvrir un nourrisson, Freud admet avec une lucidité empreinte d&rsquo;ironie que, tout de même, « il faut un certain temps pour qu&rsquo;un être de cette espèce apprenne à apprécier la valeur et la fonction d&rsquo;un grand-père ».</p>
<p>Quelques années plus tard, dans sa dernière lettre à Ernst, qu&rsquo;il doit retrouver à Londres et alors que le voyage s&rsquo;organise, le savant, désormais octogénaire, écrit : « Je me compare parfois au vieux Jacob que ses enfants avaient aussi emmené en Egypte à un âge avancé. » C&rsquo;est donc ainsi que Freud se voyait, patriarche inspirant autour de lui le respect et la piété filiale, figure tutélaire, aimante et aimée.</p>
<p>Site <a href="http://www.lemonde.fr/livres/article/2012/11/02/freud-papa-prodigue-et-grand-papa-poule_1784315_3260.html" target="_blank">Le Monde</a> &#8211; Article paru dans l&rsquo;édition du 02.11.12</p>
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