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	<title>Roselyne MOSSAND  Psychothérapeute Lyon &#187; Adolescent</title>
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		<title>Scolarité: Il faut créer du lien avant tout</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Nov 2019 09:43:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[« Il faut créer du lien avant tout » L’association Enfant et famille d’adoption a organisé, samedi dernier, une rencontre autour de la scolarité des enfants adoptés. Rencontre avec Roselyne Mossand, psychothérapeute et mère adoptive. Roselyne Mossand a rappelé que &#8230; <a href="https://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/scolarite-il-faut-creer-du-lien-avant-tout.html">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>« Il faut créer du lien avant tout »</strong><br />
L’association Enfant et famille d’adoption a organisé, samedi dernier, une rencontre autour de la scolarité des enfants adoptés. Rencontre avec Roselyne Mossand, psychothérapeute et mère adoptive.</p>
<p><a href="http://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/scolarite-il-faut-creer-du-lien-avant-tout.html/title-1572442631" rel="attachment wp-att-531"><img class="alignnone size-full wp-image-531" alt="title-1572442631" src="http://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/wp-content/uploads/2019/11/title-1572442631.jpg" width="1000" height="500" />Roselyne Mossand a rappelé que l’enfant a besoin d’être aimé pour ce qu’il est et non pas pour ce qu’il fait. Photos S. A. (CLP)</a></p>
<p>Quels sont les principaux conseils à donner pour favoriser la scolarité des enfants adoptés ?</p>
<p>Quand l’enfant arrive, la scolarité ne doit pas être la priorité. L’enfant va très vite apprendre la langue et oublier sa langue maternelle. Mais avant d’entrer dans le système scolaire, il faut prendre le temps de créer du lien avec les parents et la cellule familiale proche. C’est seulement après qu’il faut parler de la scolarité. Quel que soit l’âge d’arrivée de l’enfant, il faut qu’il passe par un CP. Il est fortement déconseillé de mettre l’enfant dans une classe en fonction de son niveau d’âge. Il faut privilégier le niveau de ses capacités psychomotrices et psychoaffectives.</p>
<p>Constate-t-on des retards scolaires importants chez les enfants adoptés ?</p>
<p>La moitié des enfants adoptés ne rencontrent pas de difficultés majeures. Cependant, il est important d’engager un travail avec les enseignants afin de sécuriser tout le monde.</p>
<p>Quel climat est-il nécessaire de créer pour l’enfant ?</p>
<p>Il faut combler les besoins de sécurité, physique et affective, ce qui oblige le parent à proposer à l’enfant un cadre stable, permanent. L’enfant va croire davantage les gestes que les paroles, il faut donc faire des choses concrètes avec l’enfant. Ensuite, il faut développer la sensorialité avec les jeux, la base du système émotionnel. Les parents doivent exprimer leurs sentiments et faire exprimer leurs sentiments aux enfants afin d’engager une forme de mémorisation. Et pour les apprentissages, il ne faut pas hésiter à utiliser des objets médiateurs, comme par exemple un ballon pour apprendre les tables.</p>
<p>Que faut-il faire encore plus que pour les autres enfants ?</p>
<p>Il faut valoriser la moindre petite réussite pour que l’enfant gagne en confiance. Il est nécessaire d’offrir un cadre et des limites pour lui permettre de se structurer. Puis il est bon de créer des rituels, des routines afin de favoriser des ancrages temporels, ce qui participe au sentiment de sécurité dans la prévisibilité.</p>
<p>Quelques conseils en direction des parents ?</p>
<p>En tant que parent, il faut connaître ses propres limites et savoir faire appel. Il ne faut pas hésiter à se faire accompagner par des professionnels, rencontrer d’autres familles adoptives. Les parents doivent prendre soin d’eux et prendre du recul.</p>
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		<title>La naissance de l’objet de Bernard Golse et René Roussillon</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Feb 2013 20:27:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ce livre est un dialogue entre les deux psychanalystes Bernard Golse et René Roussillon. L’un travaille avec les bébés et les très jeunes enfants, l’autre avec les adolescents et adultes en proie à des souffrances narcissiques-identitaires. La confrontation de leurs &#8230; <a href="https://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/bernard-golse-rene-roussillon-la-naissance-de-lobjet.html">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/bernard-golse-rene-roussillon-la-naissance-de-lobjet/psychanalyse_enfance" rel="attachment wp-att-192"><img class="alignnone size-full wp-image-192" alt="psychanalyse_enfance" src="http://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/wp-content/uploads/2013/02/psychanalyse_enfance.jpg" width="228" height="228" /></a><br />
Ce livre est un dialogue entre les deux psychanalystes Bernard Golse et René Roussillon. L’un travaille avec les bébés et les très jeunes enfants, l’autre avec les adolescents et adultes en proie à des souffrances narcissiques-identitaires. La confrontation de leurs recherches cliniques les fait se rejoindre autour de questions liées à &laquo;&nbsp;la naissance de l’objet&nbsp;&raquo;, plus précisément à la naissance des processus de pensée tels qu’ils émergent pour le bébé dans l’interrelation avec ses parents, premiers penseurs de ses perceptions. Dès la vie intra-utérine, l’enfant se ferait une idée de ses parents, d’après leur présence sonore et rythmique. Les auteurs situent leur réflexion dans le domaine du &laquo;&nbsp;besoin du moi&nbsp;&raquo; d’une co-création psychique, qui soulève la question de la dépendance et de la transmission intergénérationnelle.</p>
<p>Des citations d’autres auteurs émaillent l’ouvrage : Bion, Aulagnier, Green, Laplanche, et Winnicott bien sûr, dont chacun connaît la formule selon laquelle un bébé seul n’existe pas. Il y a dès le départ de la vie, la présence d’un autre qui fait exister le bébé, en lui permettant d’envisager &#8211; son existence propre et celle de ceux qui l’entourent. La nébuleuse subjective de ces premiers temps ne peut se concevoir hors de la sphère d’interrelation avec l’objet naissant à la psyché du bébé, qu’est la personne maternante. Les auteurs convoquent les cliniciens de l’autisme (G.Haag, D.Meltzer) pour affirmer avec eux l’alternance de moments en miroir &laquo;&nbsp;pareils&nbsp;&raquo; où le parent est dans un accordage pulsionnel et affectif avec l’enfant, et de moments &laquo;&nbsp;pas tout à fait pareils&nbsp;&raquo; où le parent se distingue, désire ailleurs ou autrement. Par cette oscillation se dégagent peu à peu les noyaux de subjectivité de l’enfant. Comment, par exemple, tendent-ils à s’unifier et à s’organiser, entre ce qui est intérieur et extérieur à lui ?</p>
<p>Golse et Roussillon s’emparent de cette question de la synthèse psychique pour prolonger la réflexion de Freud qui apparaît dans &laquo;&nbsp;Constructions dans l’analyse&nbsp;&raquo; et dans les petits écrits de Londres. Freud y souligne que les difficultés rencontrées avant l’âge verbal, font l’objet de fixations beaucoup plus intenses que les traumatismes de l’enfant plus âgé. Il en attribue la cause à la &laquo;&nbsp;faiblesse de la capacité de synthèse&nbsp;&raquo; de la psyché à cet âge précoce.<br />
Les auteurs évoquent la théorie de l’attachement, laquelle s’intéresse davantage à la présence de l’objet, contrairement à la psychanalyse, dont le travail de déconstruction se fonde sur une métapsychologie de l’absence de l’objet.</p>
<p>Que se passe t-il ou ne se passe t-il pas en présence de l’objet? Comment par exemple, en analyse, faire le deuil de quelque chose qui n’a pas eu lieu dans la rencontre avec l’objet?<br />
Les traumatismes précoces, survenus à un âge de grande dépendance à la psyché de l’objet, cherchent plus tard leur voie d’expression dans la répétition d’actes, d’affects, de gestes, de somatisations. C’est pourquoi Roussillon recommande d’être aussi attentif, dans le transfert, à la façon dont le patient va utiliser la capacité de penser de son thérapeute pour synthétiser quelque chose d’une rencontre mal advenue avec l’objet (et non pour déconstruire, comme il est de mise dans les problématiques œdipiennes et identificatoires plus tardives).</p>
<p>La particularité de ces traumatismes &laquo;&nbsp;hyper précoces&nbsp;&raquo; comme les définit Golse, est de renvoyer à la façon dont l’objet a été en interrelation avec le bébé pour lui prêter sa psyché, et conférer à la pulsion une valeur de messager, représentable en affects, en choses, puis en mots. La mère est d’abord celle qui pense et transforme la pulsion du bébé, au travers d’une communication mimique, gestuelle, langagière. Elle exerce sa fonction du dedans même de la psyché de l’enfant, rappelle Bernard Golse, afin qu’il puisse ensuite rependre à son compte, la possibilité d’abord offerte de symboliser ce qu’il vit. Dans cette métapsychologie de la présence, ce qui fait trauma c’est la faillite de l’objet &#8211; trop ou trop peu présent &#8211; à accompagner les potentialités inter-psychiques du bébé et du très jeune enfant, fondatrices ensuite de son intra-psychique. Il y a une sorte d’agonie de la mise en sens des multiples impressions qui assaillent le bébé. Roussillon en retrouve la marque dans sa clinique des sujets adultes, addictés ou en souffrance narcissique aigüe.<br />
Le phénomène d’après-coup chez les très jeunes enfants s’appliquera aux traumatismes de rencontres non advenues avec la psyché parentale, ou d’événements pulsionnels insuffisamment médiatisés par la présence de l’objet.</p>
<p>Bernard Golse développe largement l’idée – pas encore communément admise par les psychanalystes &#8211; d’après-coups intrinsèques à la petite enfance. En effet, dit-il, si l’après-coup actualise, en la retraduisant, la dimension traumatique d’un événement ancien, la maturation psychique qui sépare les deux temps du traumatisme n’est pas nécessairement celle de la puberté. Chacun des moments de maturation de l’enfance, aussi précoce soit-il, peut amener la retraduction d’un événement antérieur, et occasionner des symptômes pour lesquels les analystes d’enfants sont consultés.<br />
De plus, Golse et Roussillon s’accordent sur la bidirectionnalité de l’après-coup : le passé influe sur l’événement présent, mais ce dernier remanie aussi les traces du passé. Cela augure que l’enfant n’est pas seulement marqué par l’empreinte de l’histoire familiale. Le présent de la relation à ses parents va solliciter et modifier le passé du parent… et donc sa présence envers son enfant.<br />
Sous réserve que ces traces mnésiques puissent être sollicitées, c’est-à-dire non refoulées, déniées ou clivées telles que le sont, par définition, les pensées indésirables. Dans ce sens, Roussillon relève que l’après-coup d’un traumatisme précoce a souvent lieu…en cours d’analyse. La technique associative déjouant les résistances, le transfert offre un support aux processus psychiques : l’analyste est &laquo;&nbsp;utilisé&nbsp;&raquo;, selon le terme de Winnicott, à des fins de co-création psychique de façon à faire exister ce qui dans la relation à l’objet avait gravement nuit à l’épanouissement et à la synthèse des tous premiers mouvements de pensée du patient. La gamme d’affects liée au désir de détruire l’objet y prend souvent bonne part.<br />
Ce livre dégage bien l’idée que narcissisme serein et relation à l’autre, ne s’opposent pas s’ils sont le fruit du partage premier avec un objet rencontré..</p>
<p>Site <a href="http://www.nonfiction.fr/article-3819-ce_que_lobjet_donne_a_penser.htm">nonfiction.fr</a>, le dimanche 03 octobre 2010 &#8211; 15:00</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Malvine Zalcberg : « Qu’est-ce qu’une fille attend de sa mère ? »</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Feb 2013 20:12:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Malvine Zalcberg : « Qu’est-ce qu’une fille attend de sa mère ? » Le livre de Malvine Zalcberg est étonnant à plus d’un titre. Voilà un livre traduit du brésilien dans le champ de la psychanalyse lacanienne, la chose est suffisamment rare &#8230; <a href="https://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/malvine-zalcberg-quest-ce-quune-fille-attend-de-sa-mere.html">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<header>
<h1>Malvine Zalcberg : « Qu’est-ce qu’une fille attend de sa mère ? »</h1>
<p><img alt="zalcberg.1282834564.jpg" src="http://colblog.blog.lemonde.fr/files/2010/08/zalcberg.1282834564.jpg" /></p>
</header>
<p>Le livre de Malvine Zalcberg est étonnant à plus d’un titre. Voilà un livre traduit du brésilien dans le champ de la psychanalyse lacanienne, la chose est suffisamment rare que pour être soulignée. Mais ce qui est bien plus à mettre en évidence, c’est qu’il le mérite amplement. D’abord pour la rigueur avec laquelle il transmet les avancées de Freud et de Lacan, ensuite parce que sa manière de dire les choses est débarrassée de tout abus de jargon &#8211; autant que faire se peut &#8211; et vraiment accessible à qui s’interroge sur le trajet psychique de la fille et sur ce qu’elle attend de sa mère, enfin parce que les nombreuses formulations heureuses de l’auteur contribuent à mener plus loin des questions pourtant réputées difficiles et ardues. C’est sur ce dernier point que je soutiendrai ces quelques propos.</p>
<p>Ainsi, par exemple l’auteur avance : l’Œdipe fait l’homme, il ne fait pas la femme (143). A l’issue de l’Oedipe, si le garçon a reçu du père le droit au phallus, la fille devra continuer à chercher son identité comme femme. Manière de rappeler à quel point Freud, en considérant l’envie du pénis comme invariable dans l’inconscient, jusqu’à un certain point asphyxiait les femmes dans un tout phallique (30). C’est à ce même endroit que Lacan a entrepris d’élaborer son schéma de la sexuation qui va lui permettre de soutenir la voie du pastout. Si la petite fille, à l’encontre du petit garçon ne trouve pas de réponse chez le père quant au trait qui pourrait la faire femme, on peut comprendre l’importance de sa déception au point qu’elle soit tentée de renoncer à quitter la mère ou De se réfugier dans la situation oedipienne comme en un port et ne jamais quitter le père. Dans la majorité des cas cependant, on comprendra aussi qu’elle se laissera distraire de la rencontre avec l’absence, par la maternité. Celle-ci lui fournit un substitut phallique qui lui permet ainsi &#8211; momentanément, voire définitivement &#8211; de ne pas avoir à se soutenir du manque de trait qui spécifie le féminin.</p>
<p>Ce que Malvine Zalcberg fait bien entendre au travers de son livre, c’est que si le garçon se trouve avantagé de trouver un trait d’identification positif chez le père, le désavantage de la petite fille pourrait bien s’inverser dans la mesure où il s’agit toujours de reconnaître que pour soutenir sa parole singulière, c’est sur le vide qu’il faut s’appuyer, c’est toujours de l’absence qu’il faut précisément se soutenir.</p>
<p>J’en déduis dès lors ce que ce livre me permet de mieux penser : là où chacun se trouve aujourd’hui, dans le contexte démocratique qui est le nôtre, plus que jamais invité à inscrire sa singularité, c’est évidemment la façon dont se soutient le féminin qui trace la voie à suivre. Utile dès lors de reconnaître que là où l’homme en est à devoir davantage se soumettre à l’incertitude et se confronter plus que jamais à l’altérité, une femme se retrouve pouvoir lui indiquer le chemin, du seul fait d’être contrainte à ne pas inscrire le manque de la manière toute phallique qui, hier, était prévalente. Il y a un manque structural en l’homme en tant que sujet. Il y a un double manque chez la femme: comme sujet et comme femme (31).</p>
<p>Ceci fait bien entendre le déplacement qu’opère la mutation du lien social à laquelle nous avons à faire : là où hier, le phallique, sous l’égide du patriarcat, se proposait comme modèle universel de comment le langage affecte le parlêtre, aujourd’hui, c’est le pastout phallique qui s’impose non comme modèle qui vaille pour tous, mais comme indice de la voie que chacun doit frayer, donc inventer. Et dans une telle configuration, c’est bien le féminin qui se propose désormais comme voie à suivre. Autrement dit, le féminin n’y est plus la propriété des femmes, mais plutôt ce à quoi chacun doit se confronter une fois que l’on a mis comme raison de la vie collective, l’exercice possible de la singularité. En ce cas la féminité reste néanmoins la façon dont chaque femme noue son corps avec ledit féminin. La question de la féminité doit être résolue par chaque femme individuellement (242), écrira Malvine Zalcberg.</p>
<p>Mais c’est aussi une autre piste que le livre explore avec beaucoup de pertinence : celle de ce que la maternité apporte spécifiquement à une femme.</p>
<p>La contrainte un peu compliquée pour savoir ce que signifie d’être homme ou femme tient au langage, au fait que pour les humains, les positions respectives d’homme et de femme ont rapport avec la possibilité que nous avons de parler ; s’en suit en effet que les positions masculine et féminine correspondent moins à l’anatomie qu’à la façon dont le sujet va s’inscrire dans le langage : tout ou pastout dans la fonction phallique. Et de ce fait même, il s’avère possible pour l’humain de se délester de l’anatomie au profit de la place qu’il va prendre sous l’égide du signifiant. Reste à savoir si cette liberté dont il dispose le soustrait entièrement du destin anatomique qui est le sien.</p>
<p>Or c’est précisément à cet endroit qu’il faut revenir sur ce qu’implique la maternité : bien sûr celle-ci se propose comme substitut phallique &#8211; et donc comme distraction, voire comme esquive &#8211; à une femme en panne de trait qui la fait femme, mais ladite maternité est aussi à interroger du côté du pastout phallique. C’est déjà ce que Lacan avançait en 1960 lors du congrès sur la sexualité féminine : il convient d’interroger si la médiation phallique draine tout ce qui peut se manifester de pulsionnel chez la femme, et notamment tout le courant de l’instinct maternel2. C’est autrement, mais avec la même pertinence que Malvine Zalcberg profitera d’une citation de l’écrivain D.H. Lawrence dans son ouvrage Amants et fils, pour faire entendre la spécificité de ce qui noue la mère à son enfant, en l’occurrence fille : un fils sera mon fils jusqu’à ce qu’il rencontre une femme, mais une fille sera ma fille toute la vie (183).</p>
<p>Autrement dit, quelque chose du lien mère-fille, serait l’indice de ce reste, de ce qui échappe au phallique dans la relation d’une mère à son enfant. Autrement dit encore, l’enfant, loin de n’être que le phallus de la mère, est aussi son objet a. Voire même, comme Lacan l’écrit dans sa lettre à Jenny Aubry, l’enfant peut réaliser la présence de l’objet a dans le fantasme De la mère. Et il ajoute que, ce faisant, il lui donne, immédiatement accessible, ce qui manque au sujet masculin : l’objet même de son existence apparaissant dans le réel3. Ce qui se traduira chez Malvine Zalcberg en : la femme a un recours de plus que l’homme pour chercher une compensation à sa perte de jouissance : faire de ses enfants objets a, des objets causes de son désir. L’enfant permet à la mère en tant que femme d’avoir accès en son fantasme à l’objet cause de son désir (&#8230;) L’enfant devient un “bouchon” pour la mère, un bouchon qui comble son manque (160). J’aurais préféré lire : l’enfant devient un bouchon pour la mère, non pas un bouchon qui comble son manque, mais un bouchon qui lui permet d’empêche son manque d’émerger.</p>
<p>Car c’est bien cette face réelle du lien mère-enfant que l’auteure de Qu’est ce qu’une fille attend de sa mère ? met sous la loupe. Nous n’allons pas ici en développer toutes les conséquences identifiées dans l’ouvrage mais nous relèverons que cet aspect du lien mère-enfant est aujourd’hui certainement crucial car c’est bien ce qu’évoquait Freud comme étant si difficile à saisir analytiquement, si blanchi par les ans, vague, à peine capable de revivre, comme soumis à un refoulement particulièrement inexorable4 qui se trouve aujourd’hui de plus en plus accessible, précisément sans doute du fait de la mutation du lien social. D’une part, parce que le déclin du Nom-du-Père et la forclusion de fait5 Du père réel que souvent ce déclin entraîne, ne donne plus de garantie quant à obtenir du père le trait qui va dire l’identité masculine. Ceci ayant des effets différents sur le destin du garçon que cela laisse en panne avec sa question et sur celui de la fille à qui cela coupe la voie de la possibilité de se confronter à la spécificité de son questionnement.</p>
<p>Mais de plus, comme nous l’avons vu, l’évolution démocratique que nous connaissons, qui implique la fin du patriarcat, va mettre chacun en demeure de se confronter au féminin puisque l’idéal de ladite démocratie va pousser à la singularité, ce qui, comme nous venons de le dire, ne peut se faire qu’en explorant la spécificité du féminin de chacun &#8211; quelle que soit son anatomie &#8211; et en ne se contentant néanmoins pas de la castration même s’il ne s’agit pas pour autant d’en récuser la nécessité.</p>
<p>Donc double difficulté : plus de point d’appui pour se confronter au manque de trait, et pourtant plus que jamais, obligation de se soutenir à partir de ce seul manque. Tel serait, dans la structure, ce qui pourrait être estimé responsable de la précarisation des solutions que nous voyons se mettre en place aujourd’hui.</p>
<p>Et d’ailleurs Malvine Zalcberg insiste sur les voies différentes que cela ouvre : l’enfant recourt à deux façons de réagir à l’expérience de passivité face à l’Autre auquel il est soumis par structure au commencement de sa vie. L’une d’elles est d’entrer activement dans la phase phallique à travers l’identification avec l’objet du désir de la mère : être l’objet désiré par la mère. (&#8230;) C’est une solution par laquelle l’enfant, identifié au phallus, s’aliène au désir maternel ; de cette position, le père devra le sauver pour qu’il puisse sortir de l’aliénation fondamentale. (&#8230;) L’autre façon pour l’enfant de réagir à sa position passive initiale en relation à l’Autre maternel est de chercher à se séparer de l’objet a qu’il est dans le fantasme de l’Autre. A travers cette solution, l’enfant impose à l’Autre une perte : il devient ce qui manque à l’Autre. Il s’agit d’une solution opposée à celle que présente la phase phallique, que caractérise l’engagement de l’enfant à chercher à compléter l’Autre, et non à lui infliger un manque (169).</p>
<p>Cette distinction entre enfant-phallus et enfant-objet a que l’auteure met très bien en évidence, s’avère donc cruciale en ces temps de fin de patriarcat puisque dans ce cas de figure, c’est le travail de séparation qui est au cœur de l’enjeu. Restera bien sûr à savoir où, en ce cas, se situe la nécessité du père mais ce discernement n’autorise plus l’équivalence entre fonction du père et patriarcat.</p>
<p>Mais ce qui est remarquable, c’est comment le travail de Malvine Zalcberg fait émerger que l’avenir de l’enfant dépend du destin du fantasme de la mère qui le considère comme objet de jouissance. Et elle ajoute : est-il régulé ou non par la fonction symbolique ? Si le père qui personnifie la loi symbolique n’intervient pas, l’enfant restera entièrement sujet du fantasme de la mère. Expérimenté comme partie du corps de la mère, l’enfant (&#8230;) est maintenu dans une position dévastatrice : celle de n’être plus que l’objet du désir de la mère (167).</p>
<p>N’est-ce pas précisément ce que la clinique actuelle nous enseigne, à savoir les conséquences “ravageuses” d’un tel dispositif. Mais aussi la nouveauté qu’il nous fait entrevoir : ce qui pour Freud apparaissait comme soumis à un refoulement particulièrement inexorable se trouve aujourd’hui accessible, voire favorisé et là où le père était incontournable, c’est bien aujourd’hui la fonction symbolique qui se trouve être l’enjeu. S’en suit que la fille, étant de structure moins protégée par ledit symbolique, c’est elle qui ouvre la voie de soutenir la proximité avec le réel. S’en suit encore que loin de ne rien trouver chez sa mère, elle y trouve comment celle-ci a elle-même fait face à l’absence du trait qui l’attestait femme.</p>
<p>Ainsi donc paradoxalement, le livre de Malvine Zalcberg inverse le lieu de la découverte : c’est du nouveau monde que nous vient la bonne nouvelle : ce qu’une fille attend de sa mère pourrait nous en apprendre sur ce comment, en ces temps de mutation, il est possible, ainsi que le propose Lacan, de frayer la voie à l’élaboration du pastout6.</p>
<p>Notes :</p>
<p>1 Editions Odile Jacob, 2010, préface d’Aldo Naouri.</p>
<p>2 J. Lacan, Écrits, Seuil, 1966, p. 730.</p>
<p>3 J. Lacan, Autres écrits, Seuil, 2001, p.344.</p>
<p>4 S. Freud, Sur la sexualité féminine, (1931), in La vie sexuelle, op. cit. p. 139.</p>
<p>5 J. Lacan, Séminaire XXIII, Le Sinthome, Seuil, 2005, p. 88.</p>
<p>6 J. Lacan, Séminaire XX, Encore, Seuil, 1975, p. 54.</p>
<p>Auteur : Jean-Pierre Lebrun<br />
Source : <a href="http://www.freud-lacan.com/Champs_specialises/Billets_actualites/A_propos_de_Qu_est_ce_qu_une_fille_attend_de_sa_mere_1_de_Malvine_Zalcberg">freud-lacan.com</a></p>
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		<title>Le manque de sommeil accroît le risque de dépression chez les adolescents</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Jan 2013 15:35:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le manque de sommeil accroît le risque de dépression et de pensées suicidaires chez les adolescents, selon une étude de l&#8217;Université Columbia publiée vendredi aux Etats-Unis dans la revue Sleep. Selon cette étude menée auprès de 15 659 collégiens et &#8230; <a href="https://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/le-manque-de-sommeil-accroit-le-risque-de-depression-chez-les-adolescents.html">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le manque de sommeil accroît le risque de dépression et de pensées suicidaires chez les adolescents, selon une étude de l&rsquo;Université Columbia publiée vendredi aux Etats-Unis dans la revue Sleep.</p>
<p>Selon cette étude menée auprès de 15 659 collégiens et lycéens, le risque de dépression chez des adolescents qui vont se coucher habituellement après minuit est supérieur de 24 % à celui des enfants envoyés au lit avant 22 heures. Ceux qui dorment moins de cinq heures par nuit présentent un risque de dépression 71 % supérieur à ceux qui dorment sept heures. Les couche-tard sont en outre plus nombreux à avoir des idées suicidaires : 20 % de plus que chez les couche-tôt.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Les résultats de cette étude apportent la preuve supplémentaire qu&rsquo;un sommeil bref pourrait jouer un rôle dans l&rsquo;analyse des causes de la dépression&nbsp;&raquo;, écrivent les auteurs de l&rsquo;étude dirigée par le professeur James Gangwisch, de l&rsquo;université new-yorkaise.</p>
<p>&laquo;&nbsp;On pense communément que les adolescents ont moins besoin de dormir que les pré adolescents&nbsp;&raquo;, relève le Dr Gangwisch. &laquo;&nbsp;Des études montrent pourtant que les adolescents pourraient bien avoir en fait besoin de davantage de sommeil&nbsp;&raquo;. Selon lui, il est fréquent que les adolescents ne se couchent pas assez tôt pour compenser le fait qu&rsquo;ils commencent l&rsquo;école plus tôt que les enfants. En moyenne, les adolescents de cette enquête dorment sept heures et cinquante-trois minutes par nuit, moins que les neuf heures recommandées à cet âge.<br />
Le Monde.fr avec AFP | le <time itemprop="dateModified" datetime="2010-01-02T18:52:58+01:00">02.01.2010</time></p>
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