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	<title>Roselyne MOSSAND  Psychothérapeute Lyon &#187; Enfance</title>
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		<title>Autisme : le travail du psychanalyste pour l&#8217;enfant et à ses parents</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Feb 2013 20:51:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quel est le travail que peut proposer un psychanalyste à un enfant souffrant de « troubles du spectre autistique » et à ses parents? Si j’avais une plaidoirie à prononcer pour que l’on confie en France les enfants souffrants d’Autisme &#8230; <a href="https://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/autisme-le-travail-du-psychanalyste.html">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Quel est le travail que peut proposer un psychanalyste à un enfant souffrant de « troubles du spectre autistique » et à ses parents?</h3>
<div>
<p>Si j’avais une plaidoirie à prononcer pour que l’on confie en France les enfants souffrants d’Autisme ou de  Troubles Envahissants du Développement,   aux soins mis en place par le secteur public de Psychiatrie Infanto Juvénile, je  dirais les choses suivantes.</p>
<p>Je demanderai d’abord : qu’est &#8211; ce qu’un enfant, quel est son statut ?</p>
<p>Et je dirai qu’il  vient au monde comme témoin que la rencontre  entre un homme et une femme a été bénie.</p>
<p>Freud avait nommé cela Behajung primitive. Jacques Lacan a préféré le terme de Symbolisation. Symbolisation parce que ce « oui ! » de la bénédiction implique logiquement un «  non ». Le fameux « Oui, mais pourvu qu’il ne ressemble pas à la tante Adèle ! »</p>
<p>Tous ces propos dans l’attente d’un enfant, nous les connaissons et ils sont nécessaires à ce que l’enfant à venir soit pris dans un processus non seulement vital mais aussi langagier.</p>
<p>Ce non de la symbolisation sera refoulé , c’est ce qui fait qu’une mère , qu’ un père, sont en mesure d’accueillir leur enfant à sa naissance  et l’investiront , y compris s’ils sont dépressifs.</p>
<p>En ce sens nous pouvons tout à fait dire avec Lacan que l’enfant, avant sa naissance et à sa naissance, est inscrit dans un processus langagier, naît dans un bain de langage, même s’il ne parle pas encore. Un enfant de quelques heures tourne la tête en direction de sa mère quand cette dernière rentre à voix haute dans la pièce où il se trouve, alors même  qu’il ne possède pas la maturité neurophysiologique de la vision.</p>
<p>L’autisme, les troubles envahissants du développement, mettent à mal ce tableau que je viens de  décrire. Parce, que cet enfant pour des raisons que l’on appréhende que peu encore, semble  indifférent  aux effets de cette symbolisation primitive …</p>
<p>Qu’est ce qui se passe malgré les soins intensifs, les stimulations intensives des parents ?</p>
<p>L’enfant, le bébé ne répond toujours pas…ou peu .Il ne regarde pas son père, sa mère. Il semble ne pas les entendre au point que des examens   concernant l’audition et la vue seront pratiqués  … C’est à dire que le fonctionnement de la  fonction des orifices (œil, oreille) que les psychanalystes rattachent à la sphère pulsionnelle, dysfonctionne.</p>
<p>Je  dirais, à la suite de  Marie-Christine Laznik qui   nous  démontre avec les films familiaux que ces parents sont sidérés sans pouvoir se le dire et que l’inquiétude gagne au fil d’interactions qui  ne se passent pas, eu égard au   processus engendré par les troubles de l’enfant, troubles que l’enfant ignore lui même. La mère de Sean Baron raconte comment Sean  pleurait continuellement  sans que l’on puisse le consoler de la moindre des façons.</p>
<p>A cet endroit là, j’oserais parler de traumatisme chez les parents et l’enfant.</p>
<p>Le traumatisme pour le psychanalyste, c’est un réel que le sujet ne peut pas dialectiser.</p>
<p>Cela a des conséquences sur la lecture qu’il va faire de la vie qu’il mène.</p>
<p>Concernant l’enfant,  malgré tout et sans le savoir, il a investi ses parents .C’est tout à fait vérifiable dans l’après coup,  que l’enfant investissait ses parents, bien avant tout traitement et contre toute apparence, et ce, dès le début de la vie.</p>
<p>C’est sur cela que le psychanalyste va s’appuyer dans le traitement de ce traumatisme transitif entre les parents et leur enfant.</p>
<p>Ça n’est pas une démarche  de la part du psychanalyste qui consisterait à  s’appuyer sur « la partie saine du moi » Sa démarche va être celle de prendre appui  sur la symbolisation primitive dont je parlais plus haut,  celle qui fait que cet enfant est pris dans un processus vital et langagier, et qu’il  a à le vivre  … malgré le réel de sa pathologie.</p>
<p>Tout cela, je l’ai appris, je l’apprends tous les jours   de la bouche de mes jeunes  patients et de quelques uns de mes maitres, Freud, Lacan, Melman, Laznik.</p>
<p>Pour garder toute confidentialité et anonymat, je parlerai d’un jeune homme de 22 ans  séjournant à présent dans un lieu de vie communautaire et catholique.</p>
<p>Dans cette communauté où l’on arpente au printemps les chemins de Compostelle, les relations humaines entre homme et femme ne sont pas interdites mais bénies à la condition qu’elles revêtent le sérieux et les sacrements qui s’y rattachent au regard de la religion catholique.</p>
<p>Ça n’a pas été sans mal de le faire admettre dans cette institution, précisément à cause de sa singularité dans les rapports humains et de ses « passions » peu communes.</p>
<p>Cet enfant comme beaucoup d’autres que j’ai accompagné avait six ans quand j’ai commencé à m’occuper de lui. Il ne pouvait pas, sinon  à lui faire grande violence,  me rencontrer en dehors de la présence de sa mère qu’il ignorait par ailleurs du regard et qu’il instrumentalisait, par exemple, lui prenant la main pour qu’elle fasse à sa place ce qu’il était parfaitement capable de faire lui même.</p>
<p>Huit ans ont passés où nous nous rencontrions tous les trois, jouions,  discutions, dessinions, écrivions, lisions, à raison de deux fois par semaine.  Il rencontrera plus tard ma collègue orthophoniste, seul, et je crois pouvoir dire que notre travail avec sa maman  lui   a permis d’accepter de rencontrer les autres et  de se laisser déranger de ses « manies » ou « obsessions » où encore « stéréotypies… »</p>
<p>Pendant près de deux ans, nous avions joué avec une petite famille d’éléphants en feutrine. Ce jeu, en parlant avec lui, en riant parfois de ses trouvailles, devenait de plus en plus symbolique et s’enrichissait de personnages nouveaux. De fait,  il arrachait systématiquement la patte du grand éléphant.  Nous  la recollions  jusqu’à la séance suivante et nous  construisions  des histoires avec sa maman et lui.  Il voulait sans cesse mettre dans une  petite maison sa mère et lui, uniquement tous les deux…excluant  son père et sa sœur…</p>
<p>Croyez vous qu’un psychanalyste, avec un  enfant dans cette situation,   soit assez bête pour interpréter je ne sais quoi à la mère ? Non…pour ma part, j’étais plutôt ravie qu’il compte déjà sa mère parmi les siens… d’une certaine façon, qu’il arrête d’être comme seul au monde et cela avait des effets sur sa mère, pas des effets culpabilisants comme on se plaît à le souligner mais des effets sur ce que j’ai appelé plus haut ce traumatisme qu’elle avait subi et lui aussi.</p>
<p>Cet enfant, quand il avait quatre mois détournait la tête pour ne pas croiser son regard.<br />
Elle en était venue à lui coincer la tête entre ses mains pour qu’il la regarde.</p>
<p>Elle avait su dès la naissance que son bébé n’allait pas bien. Il n’était pas forcément indifférent aux stimulations d’un étranger et pouvait répondre par un sourire absent.  Cela avait été certainement trompeur pour le pédiatre.</p>
<p>J’ouvre une parenthèse. Le pédiatre n’avait pas prêté attention à ce qui  s’était sans doute  passé quand il avait arrêté de  stimuler l’enfant.  A coup sûr,  il aurait alors  pu constater que ce bébé était retombé  dans son repli d’indifférence… Ce bébé là  n’aurait pas pu relancer  ce jeu  que font les enfants, les bébés, jeu  qui consiste à aller  relancer l’interaction où ils prennent plaisir à faire plaisir à l’autre.</p>
<p>C’est sur ces signes autour de la relation, dans la toute première enfance que nous travaillons. Ils  sont à notre sens, prédicteurs de troubles du spectre  autistique.</p>
<p>Nos recherches vont dans ce sens depuis des années et sont validées par une étude des plus scientifiques : la recherche pratiquée par l’association  PREAUT qui porte sur deux signes observables très tôt dans la vie :</p>
<p>1) L’absence de regard du bébé à l’endroit des siens avant l’âge d’un an.</p>
<p>2) Le  troisième temps de la pulsion. C’est ce  que je viens de décrire plus haut concernant l’interaction : Marie –Christine Laznik a dégagé de  ses travaux,  ce point   fondamental dans la relation aux autres qui est que nous ne retrouvons   pas ce troisième temps de la pulsion chez les bébés souffrant de troubles du spectre autistique.</p>
<p>Mais aussi, pourquoi les parents, la mère, le père,  n’ont même pas droit parfois  à ce  « trognon » de relation consistant en un semblant de sourire lors d’une stimulation,</p>
<p>auquel peut avoir droit, le pédiatre par exemple…   J’évoquerais l’hypothèse que ce bébé là  a identifié sans le savoir, sa mère, son père,  alors qu’il traite les autres visages humains,  comme les objets inanimés qu’il commence à investir.</p>
<p>Pour être plus précise, il traite le reste des humains comme il traite les sources lumineuses ou le  porte clés avec son bruit de cliquetis&#8230;qui peuvent être source d’une sorte d’intérêt.</p>
<p>Je ferme la parenthèse pour en revenir au jeune homme dont je parlais.</p>
<p>Je l’ai  rencontré  encore quelques années, jusqu’à ses dix neuf ans.</p>
<p>Tout seul, à sa demande, et aussi à celle de sa mère, à partir de  l’âge de treize ans.</p>
<p>Passionné d’histoire des civilisations, de la Bible, il a pu se mettre à la lecture et l’écriture et  a pu faire un parcours scolaire malgré sa grande difficulté à parler distinctement. Ce symptôme là, il l’a gardé, mais s’est toujours efforcé de bien se  faire comprendre…</p>
<p>Il a des talents en informatique qu’il a mis au service de ses camarades dans son lieu de vie…Rien d’exceptionnel me dira t-on, sinon que tout ce qu’il a pu faire, il l’a adressé, à ses parents, à sa sœur puis à lui,  et enfin  à son entourage plus élargi.</p>
<p>D’un point de vue juridique, il n’est pas sous tutelle mais sous curatelle simple et peut donc voter. Il a ses idées politiques bien sur et la liberté d’unir sa vie à quelqu’un si il le désire.</p>
<p>Il n’est pas à ce jour dégagé de toute angoisse mais vit, parmi et avec les autres,  avec sa singularité.</p>
<p>J’évoque le cas de ce patient par ce que  je viens d’avoir de ses nouvelles et qu’il a demandé à me rencontrer prochainement.</p>
<p>J’ai toujours accompagné ses parents dans leurs démarches et me suis déplacée toutes les fois qu’il a fallu aller plaider sa cause…</p>
<p>Travail singulier pour un psychanalyste.  Il n’a pas profité seulement de mes soins.</p>
<p>Je travaille dans une équipe pluridisciplinaire. Je n’interviens pas dans les apprentissages…Je rencontre des enfants avec leurs parents. Dernièrement, je répondais  à un père qui me faisait remarquer que je considérais l’autisme comme une maladie puisque j’y apportais des soins qui plus est, psychanalytiques…et qui  me demandait aussi ce que je visais  dans le travail que je pouvais  proposer pour son fils. Ainsi, lui ai-je répondu : C’était peut-être  que l’enfant et ses parents souffrent moins  de ce traumatisme causé par l’absence de relation entre eux et cela souvent   depuis la naissance.</p>
<p>Qu’un enfant autiste, qu’un adulte autiste soit quelqu’un de singulier et il l’est… pour ma part, ce qui me soucie  le plus, du point de vue de mon travail bien sûr, est  qu’il ait un rapport aux  autres,  parmi les autres, si singulier soit-il.</p>
<p>J’ajouterai, que plus les enfants sont soignés tôt, c’est à dire bébés, plus on évite que s’installe toute la psychopathologie que nous rencontrons plus tard…</p>
<p>C’est dans ces termes que travaillent les psychanalystes depuis bien longtemps…</p>
<p>La forteresse vide n’a jamais été vide, c’est le pari que nous tenons.</p>
<p>Si nous écartions toute dimension psychique de cette première relation entre un enfant souffrant de troubles autistiques et ses parents, c’est un peu comme si nous l’enlevions à ses parents.</p>
<p>Dans ma pratique clinique, je me suis battue pour que les enfants autistes ou psychotiques aient une instruction, apprennent comme tous les enfants et l’équipe pluridisciplinaire dans laquelle je travaille, y compris avec des collègues issus d’autres formations, s’y emploie.</p>
<p>Il ne nous est jamais venu à l’esprit qu’il y avait d’un côté le psychisme et de l’autre côté l’apprentissage. Il ne nous est  jamais venu à l’esprit que seul le travail psychique suffisait ou même que seul l’apprentissage constituait un traitement.</p>
<p>Ce qui m’ apparaît, au fil des années et de l’expérience dans mon travail avec les tout petits (parfois neuf  mois lors de la première consultation) c’est qu’il faut  sortir les parents de la sidération et du traumatisme   dans lesquels  ils se sont  trouvé avec cet enfant là. Cela a des effets importants sur l’enfant.</p>
<p>Parce que ce qu’il y a d’extraordinaire avec de tels enfants, c’est que la façon dont l’environnement va réagir, ce qui va pouvoir se  mettre en place en collaboration avec les parents de l’enfant va avoir des effets bénéfiques tant sur son retard de développement que sur son intelligence. Nous allons travailler sur  tout ce qui a trait à la relation aux siens : regarder l’autre, se déplacer pour aller vers lui, se lever, marcher vers l’autre, s’intéresser à sa voix et enfin   parler à l’autre…</p>
<p>Cela participe d’un développement  neurobiologique bien  sûr mais ne va pas sans cet  environnement dont nous faisons le pari  que l’enfant, lui, le   privilégie et particulièrement  celui de ses parents. Ils vont nous aider et nous allons les  aider à reconstruire cette relation au monde, et pas  seulement à son monde, relations  dont l’enfant ne semblait pas vouloir.</p>
<p>Site <a href="http://www.ecole-freud-lacan.com/grenoble/clinique-psychanalytique/propos-du-travail-que-peut-proposer-un-psychanalyste-a-un-enfant-souffrant-de-troubles-du-spectre-autistique-et-a-ses-parents.html" target="_blank">freud-lacan.com</a>, Auteur : Paule Cacciali</p>
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		<title>La naissance de l’objet de Bernard Golse et René Roussillon</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Feb 2013 20:27:10 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/bernard-golse-rene-roussillon-la-naissance-de-lobjet/psychanalyse_enfance" rel="attachment wp-att-192"><img class="alignnone size-full wp-image-192" alt="psychanalyse_enfance" src="http://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/wp-content/uploads/2013/02/psychanalyse_enfance.jpg" width="228" height="228" /></a><br />
Ce livre est un dialogue entre les deux psychanalystes Bernard Golse et René Roussillon. L’un travaille avec les bébés et les très jeunes enfants, l’autre avec les adolescents et adultes en proie à des souffrances narcissiques-identitaires. La confrontation de leurs recherches cliniques les fait se rejoindre autour de questions liées à &laquo;&nbsp;la naissance de l’objet&nbsp;&raquo;, plus précisément à la naissance des processus de pensée tels qu’ils émergent pour le bébé dans l’interrelation avec ses parents, premiers penseurs de ses perceptions. Dès la vie intra-utérine, l’enfant se ferait une idée de ses parents, d’après leur présence sonore et rythmique. Les auteurs situent leur réflexion dans le domaine du &laquo;&nbsp;besoin du moi&nbsp;&raquo; d’une co-création psychique, qui soulève la question de la dépendance et de la transmission intergénérationnelle.</p>
<p>Des citations d’autres auteurs émaillent l’ouvrage : Bion, Aulagnier, Green, Laplanche, et Winnicott bien sûr, dont chacun connaît la formule selon laquelle un bébé seul n’existe pas. Il y a dès le départ de la vie, la présence d’un autre qui fait exister le bébé, en lui permettant d’envisager &#8211; son existence propre et celle de ceux qui l’entourent. La nébuleuse subjective de ces premiers temps ne peut se concevoir hors de la sphère d’interrelation avec l’objet naissant à la psyché du bébé, qu’est la personne maternante. Les auteurs convoquent les cliniciens de l’autisme (G.Haag, D.Meltzer) pour affirmer avec eux l’alternance de moments en miroir &laquo;&nbsp;pareils&nbsp;&raquo; où le parent est dans un accordage pulsionnel et affectif avec l’enfant, et de moments &laquo;&nbsp;pas tout à fait pareils&nbsp;&raquo; où le parent se distingue, désire ailleurs ou autrement. Par cette oscillation se dégagent peu à peu les noyaux de subjectivité de l’enfant. Comment, par exemple, tendent-ils à s’unifier et à s’organiser, entre ce qui est intérieur et extérieur à lui ?</p>
<p>Golse et Roussillon s’emparent de cette question de la synthèse psychique pour prolonger la réflexion de Freud qui apparaît dans &laquo;&nbsp;Constructions dans l’analyse&nbsp;&raquo; et dans les petits écrits de Londres. Freud y souligne que les difficultés rencontrées avant l’âge verbal, font l’objet de fixations beaucoup plus intenses que les traumatismes de l’enfant plus âgé. Il en attribue la cause à la &laquo;&nbsp;faiblesse de la capacité de synthèse&nbsp;&raquo; de la psyché à cet âge précoce.<br />
Les auteurs évoquent la théorie de l’attachement, laquelle s’intéresse davantage à la présence de l’objet, contrairement à la psychanalyse, dont le travail de déconstruction se fonde sur une métapsychologie de l’absence de l’objet.</p>
<p>Que se passe t-il ou ne se passe t-il pas en présence de l’objet? Comment par exemple, en analyse, faire le deuil de quelque chose qui n’a pas eu lieu dans la rencontre avec l’objet?<br />
Les traumatismes précoces, survenus à un âge de grande dépendance à la psyché de l’objet, cherchent plus tard leur voie d’expression dans la répétition d’actes, d’affects, de gestes, de somatisations. C’est pourquoi Roussillon recommande d’être aussi attentif, dans le transfert, à la façon dont le patient va utiliser la capacité de penser de son thérapeute pour synthétiser quelque chose d’une rencontre mal advenue avec l’objet (et non pour déconstruire, comme il est de mise dans les problématiques œdipiennes et identificatoires plus tardives).</p>
<p>La particularité de ces traumatismes &laquo;&nbsp;hyper précoces&nbsp;&raquo; comme les définit Golse, est de renvoyer à la façon dont l’objet a été en interrelation avec le bébé pour lui prêter sa psyché, et conférer à la pulsion une valeur de messager, représentable en affects, en choses, puis en mots. La mère est d’abord celle qui pense et transforme la pulsion du bébé, au travers d’une communication mimique, gestuelle, langagière. Elle exerce sa fonction du dedans même de la psyché de l’enfant, rappelle Bernard Golse, afin qu’il puisse ensuite rependre à son compte, la possibilité d’abord offerte de symboliser ce qu’il vit. Dans cette métapsychologie de la présence, ce qui fait trauma c’est la faillite de l’objet &#8211; trop ou trop peu présent &#8211; à accompagner les potentialités inter-psychiques du bébé et du très jeune enfant, fondatrices ensuite de son intra-psychique. Il y a une sorte d’agonie de la mise en sens des multiples impressions qui assaillent le bébé. Roussillon en retrouve la marque dans sa clinique des sujets adultes, addictés ou en souffrance narcissique aigüe.<br />
Le phénomène d’après-coup chez les très jeunes enfants s’appliquera aux traumatismes de rencontres non advenues avec la psyché parentale, ou d’événements pulsionnels insuffisamment médiatisés par la présence de l’objet.</p>
<p>Bernard Golse développe largement l’idée – pas encore communément admise par les psychanalystes &#8211; d’après-coups intrinsèques à la petite enfance. En effet, dit-il, si l’après-coup actualise, en la retraduisant, la dimension traumatique d’un événement ancien, la maturation psychique qui sépare les deux temps du traumatisme n’est pas nécessairement celle de la puberté. Chacun des moments de maturation de l’enfance, aussi précoce soit-il, peut amener la retraduction d’un événement antérieur, et occasionner des symptômes pour lesquels les analystes d’enfants sont consultés.<br />
De plus, Golse et Roussillon s’accordent sur la bidirectionnalité de l’après-coup : le passé influe sur l’événement présent, mais ce dernier remanie aussi les traces du passé. Cela augure que l’enfant n’est pas seulement marqué par l’empreinte de l’histoire familiale. Le présent de la relation à ses parents va solliciter et modifier le passé du parent… et donc sa présence envers son enfant.<br />
Sous réserve que ces traces mnésiques puissent être sollicitées, c’est-à-dire non refoulées, déniées ou clivées telles que le sont, par définition, les pensées indésirables. Dans ce sens, Roussillon relève que l’après-coup d’un traumatisme précoce a souvent lieu…en cours d’analyse. La technique associative déjouant les résistances, le transfert offre un support aux processus psychiques : l’analyste est &laquo;&nbsp;utilisé&nbsp;&raquo;, selon le terme de Winnicott, à des fins de co-création psychique de façon à faire exister ce qui dans la relation à l’objet avait gravement nuit à l’épanouissement et à la synthèse des tous premiers mouvements de pensée du patient. La gamme d’affects liée au désir de détruire l’objet y prend souvent bonne part.<br />
Ce livre dégage bien l’idée que narcissisme serein et relation à l’autre, ne s’opposent pas s’ils sont le fruit du partage premier avec un objet rencontré..</p>
<p>Site <a href="http://www.nonfiction.fr/article-3819-ce_que_lobjet_donne_a_penser.htm">nonfiction.fr</a>, le dimanche 03 octobre 2010 &#8211; 15:00</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Périnatalité : l&#8217;impact de la dépression</title>
		<link>https://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/perinatalite-limpact-de-la-depression.html</link>
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		<pubDate>Wed, 23 Jan 2013 15:18:02 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Dans les familles en situation précaire, une intervention psychosociale autour de la naissance est efficace pour prévenir les troubles de comportement du jeune enfant&#160;&#187;, indique Antoine Guedeney, professeur de pédopsychiatrie à l&#8217;hôpital Bichat. C&#8217;est ce que révèlent les premiers résultats &#8230; <a href="https://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/perinatalite-limpact-de-la-depression.html">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Dans les familles en situation précaire, une intervention psychosociale autour de la naissance est efficace pour prévenir les troubles de comportement du jeune enfant&nbsp;&raquo;, indique Antoine Guedeney, professeur de pédopsychiatrie à l&rsquo;hôpital Bichat. C&rsquo;est ce que révèlent les premiers résultats de l&rsquo;étude Capdep, présentés le 5 octobre lors du congrès &laquo;&nbsp;Agir ensemble en périnatalité&nbsp;&raquo;. Organisé par la société Marcé avec le soutien de l&rsquo;Inserm, ce congrès réunissait plus de 750 participants (psychiatres, psychologues, sages-femmes&#8230;) de 40 pays.</p>
<p>&laquo;&nbsp;C&rsquo;est en 1945 qu&rsquo;a été mise en place la Protection maternelle et infantile (PMI) sur tout le territoire&nbsp;&raquo;, rappelle Antoine Guedeney. Dans ce cadre, 20 % des familles &#8211; celles qui le demandent ou présentent des facteurs de risque &#8211; bénéficient aujourd&rsquo;hui de visites d&rsquo;infirmières à domicile durant la période périnatale. Mais ce système ne suffit pas pour les familles en grande difficulté : foyers très isolés, mères très jeunes, à faible niveau d&rsquo;éducation, qui élèvent seules leur enfant, sont exposées à un stress, ont un faible niveau total d&rsquo;études et/ou des revenus très faibles. A ces familles, la PMI ne peut proposer qu&rsquo;une à trois visites en moyenne.</p>
<p>Les enjeux d&rsquo;une prévention précoce renforcée ? La santé de la mère, mais aussi celle de l&rsquo;enfant et du futur adolescent. De nombreux travaux l&rsquo;ont montré : l&rsquo;exposition à un stress maternel avant ou après la naissance est associée à une augmentation chez l&rsquo;enfant du risque de divers troubles, notamment cognitifs ou comportementaux.<br />
Même après la naissance, un stress maternel peut être néfaste. Par exemple, les enfants dont la mère souffre de dépression six semaines après l&rsquo;accouchement ont des scores cognitifs plus faibles à 2 ans, surtout lorsque cette dépression maternelle se prolonge ou rechute.</p>
<p>C&rsquo;est ce qu&rsquo;ont montré les résultats de l&rsquo;étude Matquid, publiés en 2011 dans European Psychiatry par l&rsquo;équipe d&rsquo;Anne-Laure Sutter-Dallay (Inserm, pôle universitaire de psychiatrie adulte à Bordeaux).</p>
<p>Quelles stratégies de prévention mettre en place ? Vivette Glover, de l&rsquo;Imperial College à Londres, plaide pour un dépistage renforcé des troubles anxio-dépressifs maternels autour de la grossesse. Et pour leur prise en charge par des thérapies psychocognitives adaptées : &laquo;&nbsp;dans les cas très sévères durant la grossesse, un traitement médicamenteux est inévitable à l&rsquo;aide de molécules dont l&rsquo;innocuité sur le foetus est établie.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Une innocuité dont il faut effectivement bien s&rsquo;assurer : publiée le 8 octobre dans les PNAS, une étude américaine montre comment la dépression maternelle durant la grossesse peut affecter le développement du langage des enfants à l&rsquo;âge de 6 et 10 mois. Mais une prise en charge de la future mère par des antidépresseurs (des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine) a d&rsquo;autres répercussions sur l&rsquo;apprentissage du langage du bébé&#8230;</p>
<p>Dans l&rsquo;étude Capdep, l&rsquo;équipe d&rsquo;Antoine Guedeney a exploré l&rsquo;intérêt d&rsquo;une intervention psychosociale précoce auprès de 415 familles de la région parisienne en grande précarité. L&rsquo;âge moyen des mères était de 22,3 ans, 82 % avaient un faible niveau d&rsquo;éducation, 52 % étaient nées hors de France, 48 % étaient en dessous du seuil de pauvreté.</p>
<p>Ces familles ont été réparties par tirage au sort en deux groupes : l&rsquo;un bénéficiant d&rsquo;un suivi comme d&rsquo;habitude par la PMI, avec en plus pour l&rsquo;autre des visites à domicile répétées par de jeunes psychologues, débutant entre le troisième trimestre de grossesse et jusqu&rsquo;aux 2 ans de l&rsquo;enfant. Les interventions consistaient à faire connaître aux jeunes mères les aides dont elles pouvaient disposer et à les encourager à &laquo;&nbsp;prendre des choses en main&nbsp;&raquo;&#8230; Mais surtout, à les informer sur le développement de leur enfant et à les aider à exprimer leurs sentiments vis-à-vis du bébé et de leurs relations proches.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Sur le taux de dépression postnatale des mères, les résultats ont été relativement décevants, bien que positifs&nbsp;&raquo;, admet Antoine Guedeney. Ils ont été bien meilleurs sur le comportement d&rsquo;attachement des enfants à l&rsquo;âge de 18 mois. &laquo;&nbsp;Même si elles restaient déprimées, les jeunes mères ont modifié leur comportement de façon à procurer à leur bébé un attachement plus sécurisant.&nbsp;&raquo; Selon le pédopsychiatre, une telle prévention serait pérennisable à un coût raisonnable, en concertation avec la PMI et les dispositifs de santé mentale du jeune enfant.</p>
<p>LE MONDE le <time itemprop="dateModified" datetime="2012-10-18T14:34:25+02:00">18.10.2012 </time>Par Florence Rosier</p>
<p>L&rsquo;anxiété traverse le placenta</p>
<p>De 1990 à aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;équipe de Vivette Glover (Imperial College, Londres) a suivi 7 363 enfants dans la région de Bristol. <i>&laquo;&nbsp;Un niveau élevé d&rsquo;anxiété ou de dépression maternelle, à la 18<sup>e</sup>et à la 32<sup>e</sup> semaine de grossesse, double le risque de troubles affectifs et comportementaux chez l&rsquo;enfant de 13 ans&nbsp;&raquo;</i>, annonce la psycho-biologiste. Confirmant les observations réalisées aux âges de 4, 7 et 11 ans, ce résultat a été présenté au congrès Marcé. <i>&laquo;&nbsp;Si la plupart des enfants nés de mères stressées durant la grossesse n&rsquo;ont pas de problèmes, 12 % présentent de tels troubles, contre 6 % seulement dans la population générale&nbsp;&raquo;</i>, précise Vivette Glover. Quels peuvent être les mécanismes en cause ? <i>&laquo;&nbsp;Le placenta laisse passer des quantités accrues de cortisol [l'hormone du stress] quand la mère est stressée. Et le niveau de cortisol dans le liquide amniotique apparaît associé à un taux plus élevé de troubles ultérieurs chez l&rsquo;enfant&nbsp;&raquo;</i>, indique la chercheuse. Elle évoque aussi des processus de modifications chimiques de l&rsquo;ADN, ou mécanismes &laquo;&nbsp;épigénomiques&nbsp;&raquo; &#8211; très en vogue dans le milieu scientifique.</p>
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