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	<title>Roselyne MOSSAND  Psychothérapeute Lyon &#187; Parentalité</title>
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		<title>Scolarité: Il faut créer du lien avant tout</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Nov 2019 09:43:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Enfant]]></category>
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		<description><![CDATA[« Il faut créer du lien avant tout » L’association Enfant et famille d’adoption a organisé, samedi dernier, une rencontre autour de la scolarité des enfants adoptés. Rencontre avec Roselyne Mossand, psychothérapeute et mère adoptive. Roselyne Mossand a rappelé que &#8230; <a href="https://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/scolarite-il-faut-creer-du-lien-avant-tout.html">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>« Il faut créer du lien avant tout »</strong><br />
L’association Enfant et famille d’adoption a organisé, samedi dernier, une rencontre autour de la scolarité des enfants adoptés. Rencontre avec Roselyne Mossand, psychothérapeute et mère adoptive.</p>
<p><a href="http://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/scolarite-il-faut-creer-du-lien-avant-tout.html/title-1572442631" rel="attachment wp-att-531"><img class="alignnone size-full wp-image-531" alt="title-1572442631" src="http://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/wp-content/uploads/2019/11/title-1572442631.jpg" width="1000" height="500" />Roselyne Mossand a rappelé que l’enfant a besoin d’être aimé pour ce qu’il est et non pas pour ce qu’il fait. Photos S. A. (CLP)</a></p>
<p>Quels sont les principaux conseils à donner pour favoriser la scolarité des enfants adoptés ?</p>
<p>Quand l’enfant arrive, la scolarité ne doit pas être la priorité. L’enfant va très vite apprendre la langue et oublier sa langue maternelle. Mais avant d’entrer dans le système scolaire, il faut prendre le temps de créer du lien avec les parents et la cellule familiale proche. C’est seulement après qu’il faut parler de la scolarité. Quel que soit l’âge d’arrivée de l’enfant, il faut qu’il passe par un CP. Il est fortement déconseillé de mettre l’enfant dans une classe en fonction de son niveau d’âge. Il faut privilégier le niveau de ses capacités psychomotrices et psychoaffectives.</p>
<p>Constate-t-on des retards scolaires importants chez les enfants adoptés ?</p>
<p>La moitié des enfants adoptés ne rencontrent pas de difficultés majeures. Cependant, il est important d’engager un travail avec les enseignants afin de sécuriser tout le monde.</p>
<p>Quel climat est-il nécessaire de créer pour l’enfant ?</p>
<p>Il faut combler les besoins de sécurité, physique et affective, ce qui oblige le parent à proposer à l’enfant un cadre stable, permanent. L’enfant va croire davantage les gestes que les paroles, il faut donc faire des choses concrètes avec l’enfant. Ensuite, il faut développer la sensorialité avec les jeux, la base du système émotionnel. Les parents doivent exprimer leurs sentiments et faire exprimer leurs sentiments aux enfants afin d’engager une forme de mémorisation. Et pour les apprentissages, il ne faut pas hésiter à utiliser des objets médiateurs, comme par exemple un ballon pour apprendre les tables.</p>
<p>Que faut-il faire encore plus que pour les autres enfants ?</p>
<p>Il faut valoriser la moindre petite réussite pour que l’enfant gagne en confiance. Il est nécessaire d’offrir un cadre et des limites pour lui permettre de se structurer. Puis il est bon de créer des rituels, des routines afin de favoriser des ancrages temporels, ce qui participe au sentiment de sécurité dans la prévisibilité.</p>
<p>Quelques conseils en direction des parents ?</p>
<p>En tant que parent, il faut connaître ses propres limites et savoir faire appel. Il ne faut pas hésiter à se faire accompagner par des professionnels, rencontrer d’autres familles adoptives. Les parents doivent prendre soin d’eux et prendre du recul.</p>
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		<title>Autisme : le travail du psychanalyste pour l&#8217;enfant et à ses parents</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Feb 2013 20:51:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quel est le travail que peut proposer un psychanalyste à un enfant souffrant de « troubles du spectre autistique » et à ses parents? Si j’avais une plaidoirie à prononcer pour que l’on confie en France les enfants souffrants d’Autisme &#8230; <a href="https://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/autisme-le-travail-du-psychanalyste.html">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>Quel est le travail que peut proposer un psychanalyste à un enfant souffrant de « troubles du spectre autistique » et à ses parents?</h3>
<div>
<p>Si j’avais une plaidoirie à prononcer pour que l’on confie en France les enfants souffrants d’Autisme ou de  Troubles Envahissants du Développement,   aux soins mis en place par le secteur public de Psychiatrie Infanto Juvénile, je  dirais les choses suivantes.</p>
<p>Je demanderai d’abord : qu’est &#8211; ce qu’un enfant, quel est son statut ?</p>
<p>Et je dirai qu’il  vient au monde comme témoin que la rencontre  entre un homme et une femme a été bénie.</p>
<p>Freud avait nommé cela Behajung primitive. Jacques Lacan a préféré le terme de Symbolisation. Symbolisation parce que ce « oui ! » de la bénédiction implique logiquement un «  non ». Le fameux « Oui, mais pourvu qu’il ne ressemble pas à la tante Adèle ! »</p>
<p>Tous ces propos dans l’attente d’un enfant, nous les connaissons et ils sont nécessaires à ce que l’enfant à venir soit pris dans un processus non seulement vital mais aussi langagier.</p>
<p>Ce non de la symbolisation sera refoulé , c’est ce qui fait qu’une mère , qu’ un père, sont en mesure d’accueillir leur enfant à sa naissance  et l’investiront , y compris s’ils sont dépressifs.</p>
<p>En ce sens nous pouvons tout à fait dire avec Lacan que l’enfant, avant sa naissance et à sa naissance, est inscrit dans un processus langagier, naît dans un bain de langage, même s’il ne parle pas encore. Un enfant de quelques heures tourne la tête en direction de sa mère quand cette dernière rentre à voix haute dans la pièce où il se trouve, alors même  qu’il ne possède pas la maturité neurophysiologique de la vision.</p>
<p>L’autisme, les troubles envahissants du développement, mettent à mal ce tableau que je viens de  décrire. Parce, que cet enfant pour des raisons que l’on appréhende que peu encore, semble  indifférent  aux effets de cette symbolisation primitive …</p>
<p>Qu’est ce qui se passe malgré les soins intensifs, les stimulations intensives des parents ?</p>
<p>L’enfant, le bébé ne répond toujours pas…ou peu .Il ne regarde pas son père, sa mère. Il semble ne pas les entendre au point que des examens   concernant l’audition et la vue seront pratiqués  … C’est à dire que le fonctionnement de la  fonction des orifices (œil, oreille) que les psychanalystes rattachent à la sphère pulsionnelle, dysfonctionne.</p>
<p>Je  dirais, à la suite de  Marie-Christine Laznik qui   nous  démontre avec les films familiaux que ces parents sont sidérés sans pouvoir se le dire et que l’inquiétude gagne au fil d’interactions qui  ne se passent pas, eu égard au   processus engendré par les troubles de l’enfant, troubles que l’enfant ignore lui même. La mère de Sean Baron raconte comment Sean  pleurait continuellement  sans que l’on puisse le consoler de la moindre des façons.</p>
<p>A cet endroit là, j’oserais parler de traumatisme chez les parents et l’enfant.</p>
<p>Le traumatisme pour le psychanalyste, c’est un réel que le sujet ne peut pas dialectiser.</p>
<p>Cela a des conséquences sur la lecture qu’il va faire de la vie qu’il mène.</p>
<p>Concernant l’enfant,  malgré tout et sans le savoir, il a investi ses parents .C’est tout à fait vérifiable dans l’après coup,  que l’enfant investissait ses parents, bien avant tout traitement et contre toute apparence, et ce, dès le début de la vie.</p>
<p>C’est sur cela que le psychanalyste va s’appuyer dans le traitement de ce traumatisme transitif entre les parents et leur enfant.</p>
<p>Ça n’est pas une démarche  de la part du psychanalyste qui consisterait à  s’appuyer sur « la partie saine du moi » Sa démarche va être celle de prendre appui  sur la symbolisation primitive dont je parlais plus haut,  celle qui fait que cet enfant est pris dans un processus vital et langagier, et qu’il  a à le vivre  … malgré le réel de sa pathologie.</p>
<p>Tout cela, je l’ai appris, je l’apprends tous les jours   de la bouche de mes jeunes  patients et de quelques uns de mes maitres, Freud, Lacan, Melman, Laznik.</p>
<p>Pour garder toute confidentialité et anonymat, je parlerai d’un jeune homme de 22 ans  séjournant à présent dans un lieu de vie communautaire et catholique.</p>
<p>Dans cette communauté où l’on arpente au printemps les chemins de Compostelle, les relations humaines entre homme et femme ne sont pas interdites mais bénies à la condition qu’elles revêtent le sérieux et les sacrements qui s’y rattachent au regard de la religion catholique.</p>
<p>Ça n’a pas été sans mal de le faire admettre dans cette institution, précisément à cause de sa singularité dans les rapports humains et de ses « passions » peu communes.</p>
<p>Cet enfant comme beaucoup d’autres que j’ai accompagné avait six ans quand j’ai commencé à m’occuper de lui. Il ne pouvait pas, sinon  à lui faire grande violence,  me rencontrer en dehors de la présence de sa mère qu’il ignorait par ailleurs du regard et qu’il instrumentalisait, par exemple, lui prenant la main pour qu’elle fasse à sa place ce qu’il était parfaitement capable de faire lui même.</p>
<p>Huit ans ont passés où nous nous rencontrions tous les trois, jouions,  discutions, dessinions, écrivions, lisions, à raison de deux fois par semaine.  Il rencontrera plus tard ma collègue orthophoniste, seul, et je crois pouvoir dire que notre travail avec sa maman  lui   a permis d’accepter de rencontrer les autres et  de se laisser déranger de ses « manies » ou « obsessions » où encore « stéréotypies… »</p>
<p>Pendant près de deux ans, nous avions joué avec une petite famille d’éléphants en feutrine. Ce jeu, en parlant avec lui, en riant parfois de ses trouvailles, devenait de plus en plus symbolique et s’enrichissait de personnages nouveaux. De fait,  il arrachait systématiquement la patte du grand éléphant.  Nous  la recollions  jusqu’à la séance suivante et nous  construisions  des histoires avec sa maman et lui.  Il voulait sans cesse mettre dans une  petite maison sa mère et lui, uniquement tous les deux…excluant  son père et sa sœur…</p>
<p>Croyez vous qu’un psychanalyste, avec un  enfant dans cette situation,   soit assez bête pour interpréter je ne sais quoi à la mère ? Non…pour ma part, j’étais plutôt ravie qu’il compte déjà sa mère parmi les siens… d’une certaine façon, qu’il arrête d’être comme seul au monde et cela avait des effets sur sa mère, pas des effets culpabilisants comme on se plaît à le souligner mais des effets sur ce que j’ai appelé plus haut ce traumatisme qu’elle avait subi et lui aussi.</p>
<p>Cet enfant, quand il avait quatre mois détournait la tête pour ne pas croiser son regard.<br />
Elle en était venue à lui coincer la tête entre ses mains pour qu’il la regarde.</p>
<p>Elle avait su dès la naissance que son bébé n’allait pas bien. Il n’était pas forcément indifférent aux stimulations d’un étranger et pouvait répondre par un sourire absent.  Cela avait été certainement trompeur pour le pédiatre.</p>
<p>J’ouvre une parenthèse. Le pédiatre n’avait pas prêté attention à ce qui  s’était sans doute  passé quand il avait arrêté de  stimuler l’enfant.  A coup sûr,  il aurait alors  pu constater que ce bébé était retombé  dans son repli d’indifférence… Ce bébé là  n’aurait pas pu relancer  ce jeu  que font les enfants, les bébés, jeu  qui consiste à aller  relancer l’interaction où ils prennent plaisir à faire plaisir à l’autre.</p>
<p>C’est sur ces signes autour de la relation, dans la toute première enfance que nous travaillons. Ils  sont à notre sens, prédicteurs de troubles du spectre  autistique.</p>
<p>Nos recherches vont dans ce sens depuis des années et sont validées par une étude des plus scientifiques : la recherche pratiquée par l’association  PREAUT qui porte sur deux signes observables très tôt dans la vie :</p>
<p>1) L’absence de regard du bébé à l’endroit des siens avant l’âge d’un an.</p>
<p>2) Le  troisième temps de la pulsion. C’est ce  que je viens de décrire plus haut concernant l’interaction : Marie –Christine Laznik a dégagé de  ses travaux,  ce point   fondamental dans la relation aux autres qui est que nous ne retrouvons   pas ce troisième temps de la pulsion chez les bébés souffrant de troubles du spectre autistique.</p>
<p>Mais aussi, pourquoi les parents, la mère, le père,  n’ont même pas droit parfois  à ce  « trognon » de relation consistant en un semblant de sourire lors d’une stimulation,</p>
<p>auquel peut avoir droit, le pédiatre par exemple…   J’évoquerais l’hypothèse que ce bébé là  a identifié sans le savoir, sa mère, son père,  alors qu’il traite les autres visages humains,  comme les objets inanimés qu’il commence à investir.</p>
<p>Pour être plus précise, il traite le reste des humains comme il traite les sources lumineuses ou le  porte clés avec son bruit de cliquetis&#8230;qui peuvent être source d’une sorte d’intérêt.</p>
<p>Je ferme la parenthèse pour en revenir au jeune homme dont je parlais.</p>
<p>Je l’ai  rencontré  encore quelques années, jusqu’à ses dix neuf ans.</p>
<p>Tout seul, à sa demande, et aussi à celle de sa mère, à partir de  l’âge de treize ans.</p>
<p>Passionné d’histoire des civilisations, de la Bible, il a pu se mettre à la lecture et l’écriture et  a pu faire un parcours scolaire malgré sa grande difficulté à parler distinctement. Ce symptôme là, il l’a gardé, mais s’est toujours efforcé de bien se  faire comprendre…</p>
<p>Il a des talents en informatique qu’il a mis au service de ses camarades dans son lieu de vie…Rien d’exceptionnel me dira t-on, sinon que tout ce qu’il a pu faire, il l’a adressé, à ses parents, à sa sœur puis à lui,  et enfin  à son entourage plus élargi.</p>
<p>D’un point de vue juridique, il n’est pas sous tutelle mais sous curatelle simple et peut donc voter. Il a ses idées politiques bien sur et la liberté d’unir sa vie à quelqu’un si il le désire.</p>
<p>Il n’est pas à ce jour dégagé de toute angoisse mais vit, parmi et avec les autres,  avec sa singularité.</p>
<p>J’évoque le cas de ce patient par ce que  je viens d’avoir de ses nouvelles et qu’il a demandé à me rencontrer prochainement.</p>
<p>J’ai toujours accompagné ses parents dans leurs démarches et me suis déplacée toutes les fois qu’il a fallu aller plaider sa cause…</p>
<p>Travail singulier pour un psychanalyste.  Il n’a pas profité seulement de mes soins.</p>
<p>Je travaille dans une équipe pluridisciplinaire. Je n’interviens pas dans les apprentissages…Je rencontre des enfants avec leurs parents. Dernièrement, je répondais  à un père qui me faisait remarquer que je considérais l’autisme comme une maladie puisque j’y apportais des soins qui plus est, psychanalytiques…et qui  me demandait aussi ce que je visais  dans le travail que je pouvais  proposer pour son fils. Ainsi, lui ai-je répondu : C’était peut-être  que l’enfant et ses parents souffrent moins  de ce traumatisme causé par l’absence de relation entre eux et cela souvent   depuis la naissance.</p>
<p>Qu’un enfant autiste, qu’un adulte autiste soit quelqu’un de singulier et il l’est… pour ma part, ce qui me soucie  le plus, du point de vue de mon travail bien sûr, est  qu’il ait un rapport aux  autres,  parmi les autres, si singulier soit-il.</p>
<p>J’ajouterai, que plus les enfants sont soignés tôt, c’est à dire bébés, plus on évite que s’installe toute la psychopathologie que nous rencontrons plus tard…</p>
<p>C’est dans ces termes que travaillent les psychanalystes depuis bien longtemps…</p>
<p>La forteresse vide n’a jamais été vide, c’est le pari que nous tenons.</p>
<p>Si nous écartions toute dimension psychique de cette première relation entre un enfant souffrant de troubles autistiques et ses parents, c’est un peu comme si nous l’enlevions à ses parents.</p>
<p>Dans ma pratique clinique, je me suis battue pour que les enfants autistes ou psychotiques aient une instruction, apprennent comme tous les enfants et l’équipe pluridisciplinaire dans laquelle je travaille, y compris avec des collègues issus d’autres formations, s’y emploie.</p>
<p>Il ne nous est jamais venu à l’esprit qu’il y avait d’un côté le psychisme et de l’autre côté l’apprentissage. Il ne nous est  jamais venu à l’esprit que seul le travail psychique suffisait ou même que seul l’apprentissage constituait un traitement.</p>
<p>Ce qui m’ apparaît, au fil des années et de l’expérience dans mon travail avec les tout petits (parfois neuf  mois lors de la première consultation) c’est qu’il faut  sortir les parents de la sidération et du traumatisme   dans lesquels  ils se sont  trouvé avec cet enfant là. Cela a des effets importants sur l’enfant.</p>
<p>Parce que ce qu’il y a d’extraordinaire avec de tels enfants, c’est que la façon dont l’environnement va réagir, ce qui va pouvoir se  mettre en place en collaboration avec les parents de l’enfant va avoir des effets bénéfiques tant sur son retard de développement que sur son intelligence. Nous allons travailler sur  tout ce qui a trait à la relation aux siens : regarder l’autre, se déplacer pour aller vers lui, se lever, marcher vers l’autre, s’intéresser à sa voix et enfin   parler à l’autre…</p>
<p>Cela participe d’un développement  neurobiologique bien  sûr mais ne va pas sans cet  environnement dont nous faisons le pari  que l’enfant, lui, le   privilégie et particulièrement  celui de ses parents. Ils vont nous aider et nous allons les  aider à reconstruire cette relation au monde, et pas  seulement à son monde, relations  dont l’enfant ne semblait pas vouloir.</p>
<p>Site <a href="http://www.ecole-freud-lacan.com/grenoble/clinique-psychanalytique/propos-du-travail-que-peut-proposer-un-psychanalyste-a-un-enfant-souffrant-de-troubles-du-spectre-autistique-et-a-ses-parents.html" target="_blank">freud-lacan.com</a>, Auteur : Paule Cacciali</p>
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		<title>La naissance de l’objet de Bernard Golse et René Roussillon</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Feb 2013 20:27:10 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Ce livre est un dialogue entre les deux psychanalystes Bernard Golse et René Roussillon. L’un travaille avec les bébés et les très jeunes enfants, l’autre avec les adolescents et adultes en proie à des souffrances narcissiques-identitaires. La confrontation de leurs &#8230; <a href="https://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/bernard-golse-rene-roussillon-la-naissance-de-lobjet.html">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/bernard-golse-rene-roussillon-la-naissance-de-lobjet/psychanalyse_enfance" rel="attachment wp-att-192"><img class="alignnone size-full wp-image-192" alt="psychanalyse_enfance" src="http://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/wp-content/uploads/2013/02/psychanalyse_enfance.jpg" width="228" height="228" /></a><br />
Ce livre est un dialogue entre les deux psychanalystes Bernard Golse et René Roussillon. L’un travaille avec les bébés et les très jeunes enfants, l’autre avec les adolescents et adultes en proie à des souffrances narcissiques-identitaires. La confrontation de leurs recherches cliniques les fait se rejoindre autour de questions liées à &laquo;&nbsp;la naissance de l’objet&nbsp;&raquo;, plus précisément à la naissance des processus de pensée tels qu’ils émergent pour le bébé dans l’interrelation avec ses parents, premiers penseurs de ses perceptions. Dès la vie intra-utérine, l’enfant se ferait une idée de ses parents, d’après leur présence sonore et rythmique. Les auteurs situent leur réflexion dans le domaine du &laquo;&nbsp;besoin du moi&nbsp;&raquo; d’une co-création psychique, qui soulève la question de la dépendance et de la transmission intergénérationnelle.</p>
<p>Des citations d’autres auteurs émaillent l’ouvrage : Bion, Aulagnier, Green, Laplanche, et Winnicott bien sûr, dont chacun connaît la formule selon laquelle un bébé seul n’existe pas. Il y a dès le départ de la vie, la présence d’un autre qui fait exister le bébé, en lui permettant d’envisager &#8211; son existence propre et celle de ceux qui l’entourent. La nébuleuse subjective de ces premiers temps ne peut se concevoir hors de la sphère d’interrelation avec l’objet naissant à la psyché du bébé, qu’est la personne maternante. Les auteurs convoquent les cliniciens de l’autisme (G.Haag, D.Meltzer) pour affirmer avec eux l’alternance de moments en miroir &laquo;&nbsp;pareils&nbsp;&raquo; où le parent est dans un accordage pulsionnel et affectif avec l’enfant, et de moments &laquo;&nbsp;pas tout à fait pareils&nbsp;&raquo; où le parent se distingue, désire ailleurs ou autrement. Par cette oscillation se dégagent peu à peu les noyaux de subjectivité de l’enfant. Comment, par exemple, tendent-ils à s’unifier et à s’organiser, entre ce qui est intérieur et extérieur à lui ?</p>
<p>Golse et Roussillon s’emparent de cette question de la synthèse psychique pour prolonger la réflexion de Freud qui apparaît dans &laquo;&nbsp;Constructions dans l’analyse&nbsp;&raquo; et dans les petits écrits de Londres. Freud y souligne que les difficultés rencontrées avant l’âge verbal, font l’objet de fixations beaucoup plus intenses que les traumatismes de l’enfant plus âgé. Il en attribue la cause à la &laquo;&nbsp;faiblesse de la capacité de synthèse&nbsp;&raquo; de la psyché à cet âge précoce.<br />
Les auteurs évoquent la théorie de l’attachement, laquelle s’intéresse davantage à la présence de l’objet, contrairement à la psychanalyse, dont le travail de déconstruction se fonde sur une métapsychologie de l’absence de l’objet.</p>
<p>Que se passe t-il ou ne se passe t-il pas en présence de l’objet? Comment par exemple, en analyse, faire le deuil de quelque chose qui n’a pas eu lieu dans la rencontre avec l’objet?<br />
Les traumatismes précoces, survenus à un âge de grande dépendance à la psyché de l’objet, cherchent plus tard leur voie d’expression dans la répétition d’actes, d’affects, de gestes, de somatisations. C’est pourquoi Roussillon recommande d’être aussi attentif, dans le transfert, à la façon dont le patient va utiliser la capacité de penser de son thérapeute pour synthétiser quelque chose d’une rencontre mal advenue avec l’objet (et non pour déconstruire, comme il est de mise dans les problématiques œdipiennes et identificatoires plus tardives).</p>
<p>La particularité de ces traumatismes &laquo;&nbsp;hyper précoces&nbsp;&raquo; comme les définit Golse, est de renvoyer à la façon dont l’objet a été en interrelation avec le bébé pour lui prêter sa psyché, et conférer à la pulsion une valeur de messager, représentable en affects, en choses, puis en mots. La mère est d’abord celle qui pense et transforme la pulsion du bébé, au travers d’une communication mimique, gestuelle, langagière. Elle exerce sa fonction du dedans même de la psyché de l’enfant, rappelle Bernard Golse, afin qu’il puisse ensuite rependre à son compte, la possibilité d’abord offerte de symboliser ce qu’il vit. Dans cette métapsychologie de la présence, ce qui fait trauma c’est la faillite de l’objet &#8211; trop ou trop peu présent &#8211; à accompagner les potentialités inter-psychiques du bébé et du très jeune enfant, fondatrices ensuite de son intra-psychique. Il y a une sorte d’agonie de la mise en sens des multiples impressions qui assaillent le bébé. Roussillon en retrouve la marque dans sa clinique des sujets adultes, addictés ou en souffrance narcissique aigüe.<br />
Le phénomène d’après-coup chez les très jeunes enfants s’appliquera aux traumatismes de rencontres non advenues avec la psyché parentale, ou d’événements pulsionnels insuffisamment médiatisés par la présence de l’objet.</p>
<p>Bernard Golse développe largement l’idée – pas encore communément admise par les psychanalystes &#8211; d’après-coups intrinsèques à la petite enfance. En effet, dit-il, si l’après-coup actualise, en la retraduisant, la dimension traumatique d’un événement ancien, la maturation psychique qui sépare les deux temps du traumatisme n’est pas nécessairement celle de la puberté. Chacun des moments de maturation de l’enfance, aussi précoce soit-il, peut amener la retraduction d’un événement antérieur, et occasionner des symptômes pour lesquels les analystes d’enfants sont consultés.<br />
De plus, Golse et Roussillon s’accordent sur la bidirectionnalité de l’après-coup : le passé influe sur l’événement présent, mais ce dernier remanie aussi les traces du passé. Cela augure que l’enfant n’est pas seulement marqué par l’empreinte de l’histoire familiale. Le présent de la relation à ses parents va solliciter et modifier le passé du parent… et donc sa présence envers son enfant.<br />
Sous réserve que ces traces mnésiques puissent être sollicitées, c’est-à-dire non refoulées, déniées ou clivées telles que le sont, par définition, les pensées indésirables. Dans ce sens, Roussillon relève que l’après-coup d’un traumatisme précoce a souvent lieu…en cours d’analyse. La technique associative déjouant les résistances, le transfert offre un support aux processus psychiques : l’analyste est &laquo;&nbsp;utilisé&nbsp;&raquo;, selon le terme de Winnicott, à des fins de co-création psychique de façon à faire exister ce qui dans la relation à l’objet avait gravement nuit à l’épanouissement et à la synthèse des tous premiers mouvements de pensée du patient. La gamme d’affects liée au désir de détruire l’objet y prend souvent bonne part.<br />
Ce livre dégage bien l’idée que narcissisme serein et relation à l’autre, ne s’opposent pas s’ils sont le fruit du partage premier avec un objet rencontré..</p>
<p>Site <a href="http://www.nonfiction.fr/article-3819-ce_que_lobjet_donne_a_penser.htm">nonfiction.fr</a>, le dimanche 03 octobre 2010 &#8211; 15:00</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Donald Winnicott : « La famille suffisamment bonne »</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Feb 2013 20:07:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Enfant]]></category>
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		<description><![CDATA[La bonté de la famille sous la loupe de Winnicott La famille suffisamment bonne Résumé : La structure familiale est le système privilégié dans l&#8217;organisation psychique. La thèse d&#8217;une famille suffisamment bonne comme garant du développement psychique introduit un paradoxe &#8230; <a href="https://www.psychotherapies-lyon.fr/psyblog/donald-winnicott-la-famille-suffisamment-bonne.html">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La bonté de la famille sous la loupe de Winnicott</strong><br />
<img alt="winnicottfamille.1276187016.jpg" src="http://colblog.blog.lemonde.fr/files/2010/06/winnicottfamille.1276187016.jpg" /><br />
<strong>La famille suffisamment bonne<br />
</strong></p>
<p>Résumé : La structure familiale est le système privilégié dans l&rsquo;organisation psychique. La thèse d&rsquo;une famille suffisamment bonne comme garant du développement psychique introduit un paradoxe dont témoigne la clinique : la famille suffisamment bonne ou pas assez, est le substrat du pathos.<br />
Francisco RENGIFO (nonfiction.fr)</p>
<p>Dans La famille suffisamment bonne, ouvrage jusqu&rsquo;à présent inédit en français, Donald W. Winnicott recueille les textes fondamentaux de dix années de conférences qui, dans un langage simple et adressé à un public large, témoignent de l&rsquo;importance de la famille dans la constitution psychique de l&rsquo;enfant. Au-delà du simple apprentissage, l&rsquo;enfant est confronté au monde des affects de l&rsquo;adulte, monde à travers lequel ce petit homme ou cette petite femme en devenir va construire son propre univers à lui. Ce premier groupe naturel qui caractérise la famille nucléaire se constitue en porte d&rsquo;entrée vers le développement de l&rsquo;enfant en tant que sujet, faisant de la structure familiale le système privilégié dans l&rsquo;organisation psychique.<br />
Dix ans de recherche et d’écriture ont été nécessaires à Donald Winnicott pour qu’enfin le matériel de ce temps de travail soit recueilli sous son titre original anglais The Family and Individual Development. Publié pour la première fois en 1965, cet ouvrage constitue un ensemble de conférences prononcées dans des institutions et des universités, dont le public était majoritairement composé d’intervenants assistant des enfants: psychologues, médecins pédiatres, et surtout assistants sociaux.<br />
Il est possible de constater, parmi l’ensemble des conférences, l&rsquo;importance octroyée par Donald Winnicott à la famille, dans le processus de développement de l&rsquo;enfant. La famille est sans doute le noyau à partir duquel la structure de la personnalité d&rsquo;un individu prend forme. C&rsquo;est par les soins maternels, première ébauche des rapports de l&rsquo;enfant à la mère, que se constitue un prototype fondamental de relation instaurant les éléments décisifs, et les aspects déterminants dont vont dépendre le destin de l&rsquo;individu. Paraphrasant le titre proposé par l&rsquo;auteur de cette brillante traduction du texte de Winnicott, nous pourrions dire effectivement, que pour pénétrer dans les méandres de cette relation de l&rsquo;enfant à la famille, Winnicott introduit une question préliminaire : La famille est-elle suffisamment bonne pour garantir un destin psychique favorable à l&rsquo;enfant ?</p>
<p>A l&rsquo;origine c&rsquo;est la mère&#8230;<br />
Les fonctions de la mère suffisamment bonne</p>
<p>Dans un première point d&rsquo;ancrage du lien entre l&rsquo;enfant et la mère, il s&rsquo;opère, selon Donald Winnicott, un processus d&rsquo;identification qui va à double sens : l&rsquo;identification de la mère à son bébé, et un état d&rsquo;identification originaire de l&rsquo;enfant à sa mère.<br />
Dans le fantasme inconscient de la mère, il y a un trait prédominant qui se supporte d&rsquo;un désir de &laquo;&nbsp;drainer de l&rsquo;intérêt de son propre self au profit du bébé&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est ce que Winnicott appelle &laquo;&nbsp;la préoccupation maternelle primaire&nbsp;&raquo; (p. 10).<br />
C&rsquo;est dans cette préoccupation maternelle primaire de la mère, que celle-ci peut répondre aux besoins de l&rsquo;enfant de manière efficace.<br />
Deux problèmes peuvent apparaître dans la mise en fonctionnement de cette relation originaire, et qui selon Winnicott peuvent mettre en péril le processus de développement de l&rsquo;enfant.</p>
<p>D’une part, le narcissisme maternel trop centré sur sa personne et ses intérêts, au point de négliger complètement son propre enfant, et d’autre part, son état opposé, à savoir : la compulsion maternelle à être absorbée totalement par l&rsquo;enfant jusqu&rsquo;à faire de ses demandes et besoins une préoccupation pathologique.<br />
En effet, les problèmes évoqués par Winnicott rejoignent les troubles mentaux dits puerpéraux, qui souvent se constituent en véritables cadres cliniques nécessitant des soins pour empêcher leur évolution.<br />
Selon Winnicott, le stade d&rsquo;identification de l&rsquo;enfant à sa mère apparaît dès la première période de vie jusqu&rsquo;à l&rsquo;âge de 6 mois. Cette première période de vie nécessite une mère suffisamment bonne pour que le processus de développement de l&rsquo;enfant s&rsquo;opère dans des conditions favorables :<br />
&laquo;&nbsp;Si le maternage n&rsquo;est pas suffisamment bon, le nourrisson se résume à une série de réactions à des empiétements et le vrai self de l&rsquo;enfant échoue à se former, ou se dissimule derrière un faux self compliant qui tend surtout à se protéger des coups que le monde frappe à sa porte&nbsp;&raquo; (p. 13).</p>
<p>Une mère suffisamment bonne garantira la solidité du moi de l&rsquo;enfant ; un moi donc fortifié par le soutien du moi de la mère. C&rsquo;est en ce sens que ce processus d&rsquo;identification inaugurale entre l&rsquo;enfant et la mère est décisif quant à la constitution psychique et le développement de l&rsquo;enfant.<br />
A ce stade du processus, le self de l&rsquo;enfant n&rsquo;est pas encore formé, mais les avatars de cette identification définiront en grande partie le destin psychique du petit homme en devenir.<br />
Ainsi, Winnicott attribue trois fonctions majeures à la mère suffisamment bonne :<br />
Le holding (maintien), en rapport avec la capacité de la mère à s&rsquo;identifier à son bébé, c&rsquo;est-à-dire la capacité de la mère à offrir à l&rsquo;enfant des soins basiques afin de le soutenir dans son état de dépendance. Un holding défaillant a pour conséquence des états de détresse assez connus dans la clinique des petits enfants et qui peuvent témoigner des états proches de la psychose.<br />
Le handling (maniement), qui se constitue pour Winnicott en facilitateur d&rsquo;un partenariat psychosomatique chez l&rsquo;enfant, donnant à l&rsquo;enfant la possibilité de se reconnaître comme étant un corps séparé de sa mère, et lui donnant la possibilité de reconnaître la réalité de son propre corps. Cette reconnaissance de son corps plongera l&rsquo;enfant dans une curiosité de par le fonctionnement de celui-ci, permettant de développer le mouvement, la coordination et le tonus musculaire.<br />
Et en troisième lieu, il y a ce que Winnicott appelle la présentation de l&rsquo;objet ou réalisation, qui est la possibilité, qui s’offre à l&rsquo;enfant, d&rsquo;établir un lien pulsionnel avec les objets. Une défaillance sur la manière dont les objets se présentent dans l&rsquo;univers pulsionnel de l&rsquo;enfant l’empêche de se reconnaître comme réel et comme étant différencié des objets qui l’entourent.<br />
En résumé, ces trois fonctions de la mère, dans le premier stade de développement de l&rsquo;enfant, constituent l&rsquo;environnement facilitateur pour le processus de maturation.<br />
Mais parallèlement à la présence d&rsquo;une mère suffisamment bonne, la clinique montre les effets des possibles défaillances au sein d&rsquo;une famille, qui en général n&rsquo;est pas toujours assez bonne, ou en tout cas pas assez, aux vues des idéaux winnicottiens de la bonté&#8230;</p>
<p>La place de l&rsquo;enfant dans le fantasme parental</p>
<p>Nous ne comprendrons jamais assez les enjeux des relations qui se tissent à l&rsquo;intérieur de la famille et ses effets sur l&rsquo;enfant, si l&rsquo;on ne tient pas compte de la place que l&rsquo;enfant occupe dans le fantasme de la mère aussi bien que de celui du père. En effet, la place en question va définir, de manière radicale, le destin psychique de l&rsquo;enfant. Il ne suffit pas de supposer qu&rsquo;un enfant est très aimé ou pas assez, pour en déduire les particularités de l&rsquo;héritage symbolique qui lui viennent de ses parents et des contenus qui se transmettent de génération en génération. L&rsquo;histoire de la famille va bien au-delà des affects ! Celle-ci s&rsquo;inscrit dans un mode de transmission assez particulière, car un père ou une mère ont été également les enfants de leurs parents. L&rsquo;acte de transmission en question introduit chez le nouveau-né tout le bagage qui traverse les générations.<br />
Cet héritage inscrit donc des facteurs favorables à l&rsquo;intégration de l&rsquo;enfant, mais aussi des facteurs qui peuvent apparaître comme des éléments perturbateurs à cette intégration, le fantasme parental étant toujours le support de ceux-ci.<br />
Pour Winnicott, un enfant qui se développe d&rsquo;une manière convenable apporte un certain équilibre à la vie familiale et garantit également une forme d&rsquo;assurance au couple parental.<br />
Selon Winnicott, une bonne tendance à l&rsquo;intégration nécessite le concours des parents, et c&rsquo;est ce qui constitue la force de la famille, c&rsquo;est-à-dire, ce quelque chose qui s&rsquo;inscrit dans un &laquo;&nbsp;environnement suffisamment bon&nbsp;&raquo; (p. 52).<br />
Quelles sont donc les tensions qui, émanant de la famille, peuvent soit garantir le bon développement de l&rsquo;enfant, soit le perturber ?</p>
<p>La dépression parentale</p>
<p>Dans la conférence donnée en octobre 1958, à l&rsquo;occasion du &laquo;&nbsp;Family Service Units Caseworker&rsquo;s Study Weekend&nbsp;&raquo;, Winnicott examine de manière assez minutieuse les effets des troubles dépressifs chez l&rsquo;un des membres du couple parental ou chez les deux. Pour cela, Winnicott introduit une distinction préliminaire très importante au niveau de la pathologie dépressive en elle-même, car de toute évidence, le trouble dépressif n&rsquo;est pas le même lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une psychose ou d&rsquo;une névrose : &laquo;&nbsp;Le trouble psychonévrotique chez le père ou la mère présente une complication pour l&rsquo;enfant qui grandit, mais la psychose chez un parent expose l&rsquo;enfant à des menaces plus subtiles pour un développement sain&nbsp;&raquo; (p. 56).<br />
La question de la dépression peut donc s&rsquo;inscrire dans le cadre d&rsquo;une maladie psychiatrique très grave comme c&rsquo;est le cas de la mélancolie où le sujet porte sur ses épaules tous les malheurs du monde, en étant lui même directement le responsable, et dont il trouve difficilement l&rsquo;issue. Il peut s’agir également du phénomène presque universel chez les personnes qui jouissent d&rsquo;une bonne santé mentale et qui dévoilent un état de paroxysme des petites misères humaines : la dépression névrotique. Bref, pour le destin psychique d&rsquo;un enfant en développement, avoir une mère ou un père mélancolique n’est pas du tout la même chose que d&rsquo;avoir un parent névrosé traversant une crise dépressive, aussi si longue soit-elle.<br />
Quoi qu&rsquo;il en soit, il apparaît comme une évidence, pour Winnicott, que la famille se voit confrontée à un danger potentiel lorsque le père ou la mère est déprimé.<br />
Mais la dépression reste tout de même un affect qui témoigne des composants agressifs, destructeurs et culpabilisants de la nature humaine. Lorsque la dépression ne se situe pas dans le contexte d&rsquo;une symptomatologie psychotique, elle peut se constituer en une mise à plat des affects pour une ultérieure mise en tension pulsionnelle avec la possibilité d&rsquo;une relance de l&rsquo;activité constructive du sujet. Pour Winnicott, la dépression est &laquo;&nbsp;une preuve de croissance et de santé dans le développement émotionnel de l&rsquo;individu&nbsp;&raquo; (p. 72).</p>
<p>Le concept de maturité chez Winnicott et son corrélat dans la famille suffisamment bonne</p>
<p>Le concept de maturité est sans doute l&rsquo;argument essentiel utilisé par Winnicott dans la compréhension du rôle de la famille dans l&rsquo;établissement de la santé psychique d&rsquo;un individu. C&rsquo;est bien cette perspective qui introduit la question sur les difficultés possibles qu’affronte un individu pour atteindre une maturité émotionnelle en dehors du cadre familial.<br />
Le point de vue de Winnicott suppose que le développement de chaque individu commence par une dépendance absolue et que, progressivement, à mesure même de sa maturité psychique, il gagne en autonomie. En somme, ce qui est important, c&rsquo;est de savoir si l&rsquo;environnement familial s&rsquo;adapte bien aux besoins de l&rsquo;individu, à chaque moment particulier de son développement.<br />
Ces moments de développement, qui s&rsquo;opèrent dans une progression régulière, fonctionnent comme des formes de révolte vis-à-vis de la dépendance initiale.<br />
La maturité est donc, pour Winnicott, synonyme de bonne santé : &laquo;&nbsp;si l&rsquo;on accepte l&rsquo;idée que la santé est une question de maturité au bon âge, l&rsquo;individu ne peut atteindre la maturité émotionnelle que dans un cadre où la famille a fourni le pont conduisant du soin parental (ou du soin maternel) jusqu&rsquo;au support social&nbsp;&raquo; (p.99).<br />
Ce parcours certes rapide et insuffisant de cet ouvrage de Winnicott, jusqu&rsquo;aujourd&rsquo;hui inédit en français, introduit une problématique qui semble être en relation avec quelque chose qui est de l&rsquo;ordre d&rsquo;une interrogation morale et un questionnement autour des bonnes moeurs de la famille.<br />
Le fait que la famille nécessite d&rsquo;être &laquo;&nbsp;suffisamment bonne&nbsp;&raquo; introduit un critère de valeur quant à la &laquo;&nbsp;vertu&nbsp;&raquo; de la famille en question. Rappelons que la bonté est une vertu qui appartient au domaine de la morale.<br />
Pour amener ce petit contre-argument jusqu&rsquo;à ses derniers retranchements, nous pourrions conclure en posant la question suivante : une famille suffisamment bonne existe-t-elle ?.</p>
<p>Dr Christian Colbeaux, psychiatre, psychanalyste à Lille, chef de service du CSAPA du centre hospitalier de Douai</p>
<p>rédacteur : Francisco RENGIFO, Critique à nonfiction.fr<br />
Titre du livre : La famille suffisamment bonne<br />
Auteur : Donald Winnicott<br />
Éditeur : Payot<br />
Titre original : The Family and Individual Development<br />
Date de publication : 13/01/10</p>
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